Une tricuspide très raide

Loin de moi l’idée d’être grivois, particulièrement en ces temps troubles…
Cette patiente, suivie pour une carcinose peritonéale secondaire à un cancer de l’ovaire présente une insuffisance cardiaque droite.
C’est un truisme, la tricuspide est trifoliée.

Untitled from fish Nip echocardiographie on Vimeo.

 

Untitled from fish Nip echocardiographie on Vimeo.

 

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Sur cette ETT, les cordages sont rétractés, les feuillets très raides trainent à la fermeture, le trou qui en résulte autorise une régurgitation importante (beaucoup plus que ne le voudrait le simple élargissement annulaire). L’hématie intrépide, voulant faire intrusion dans l’artère pulmonaire, se retrouve refoulée et trahie, de retour dans l’OD.

L’aire de la zone de convergence est énorme, le flux est laminaire :

 

 

 

 

 

 

 

le reflux systolique dans les veines sus-hépatiques est historique :

 

 

 

 

 

 

 

 

S’agit-il :
– d’une message avec 46 fois la lettre R ?
– d’une IT fonctionnelle?
– d’une atteinte carcinoïde de la valve tricuspide?
– d’un mauvais coup de médiator? (préférer le finger picking?)
– d’une atteinte secondaire aux dérivés de l’ergot de seigle?

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2 Responses to Une tricuspide très raide

  1. hfkarim says:

    Bonsoir à tous.

    Ce cas tombe à pique ! En effet, ayant bousillé hier le mélangeur de la baignoire, j’ai passé un sacré mauvais quart d’heure à réparer la fuite-par rupture de boulon-qui fut plus que laminaire…comme quoi, quand on dit que la cardiologie tient de la plomberie on est pas vraiment dans le faux…

    On peut devant ce cas procédé par élimination : pour ce qui est du mediator et des dérivés de l’ergot de seigle, l’interrogatoire est capital. Un certain degré de « fonctionnalité » doit être associé mais comme vous l’avez si bien précisez dans l’énoncé, il n’explique pas à lui seul l’importance de la présente fuite. Ceci nous laisse deux possibilités (roulement de tambour) : 46 fois la lettre R et la cardiopathie carcinoïde (CC). N’ayant pas très bien saisi la 1ère (j’entends encore moman avec son fameux : il arrive parfois dans la vie que tu ne comprenne pas) j’opte pour la seconde.

    Une autre façon de faire est de prendre en considération le contexte : néoplasie ovarienne évolutive avec carcinose péritonéale, du coup le diagnostic est plus évident…CC, à partir du moment que la tumeur ovarienne soit carcinoïde et bien que pour ma part j’avoue préférer le finger picking ayant été dans un passé fort lointain amateur d’instruments à cordes.

    J’ai eu l’occasion d’examiner un patient souffrant d’une CC, j’ai pour souvenir une valve tricuspide quasi figée en position semi ouverte, ce qui contraste avec le cas présent où les feuillets valvulaires semblent garder un chouia de souplesse. Par ailleurs, une pathologie thromboembolique associé (vu le contexte, encore une fois) n’est pas à écarter, non ?

    J’ai trouvé un article qui résume bien la CC (Carcinoid Heart Disease, Sanjeev Bhattacharyya, Joseph Davar, Gilles Dreyfus and Martyn E. Caplin. Circulation, 2007;116;2860-2865). En lisant cet article, je me suis rendu compte que la CC peut s’observer, exceptionnellement, en dehors de métastases hépatiques. Est-ce le cas ?

    Merci pour tout et à très bientôt.

    • philippe says:

      Merci pour l’article 😉
      Hélas, les métastases sont bien là…
      Bon courage pour le robinet (moi je suis dans les cartons, chacun son karma…) et à très bientôt pour une réponse un peu plus documentée!

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