Archive for 27 mars 2012

Madame Irma

27 mars 2012

« apparition brutale puis regression d’une HLH droite puis d’un déficit sensitivo-moteur du mb sup droit et alexie. Madame Zeihmer Yaël ne sait plus pourquoi elle prend du Kardegic. Cause visible à l’ETT? »

Recette pour savoir pourquoi Me Zeihmer prend du kardégic, à l’usage des neurologues :

Prendre la dernière ordonnance en cours,
La tremper ENTIÈREMENT dans le marc du café du staff, celui qui boue depuis 7h à l’office, et qui est encore meilleur quand il est froid…
La laisser sécher sur un négatoscope (bonne chance pour trouver un négato qui marche encore!)
Avec de la pâte à EEG qui colle les cheveux, afficher le parchemin sur une plaque de verre,
Puis passez la successivement ET DANS L’ORDRE : dans le scanner, dans l’IRM, re le scanner, puis trois fois l’IRM avec du flair, de la diffusion et du T2 étoile.
Bien sécher, saupoudrer de holter-ECG, d’un doppler TSA et d’une échographie cardiaque.

Si l’indication du kardegic n’apparait pas, arrêter le Kardégic.

Puis represcrivez le, parce que, quand même, ça ressemble pas mal à un AIT son truc, à M Zeihmer!

PS : Merci Yara 😉

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Echocardiocoronarographie 2

20 mars 2012

C’est un infarctus antérieur vu tardivement, en insuffisance cardiaque, avec plein de tropo (ma non troppo!) et du SCA ST+ avec des anti-aggrégants par milliers. Quand c’est trop tard pour la coronarographie en urgence, quand c’est plus l’heure de la thrombolyse, y a plus qu’à faire l’echo.
Incontestablement, il existe une dysfonction VG :

Le gros de la nécrose à l’air septo-apicale, la paroi y est plus mince, mais le reste n’est pas vraiment flambard…
Je me met donc en quête d’un signal Doppler dans l’IVA, que je ne trouverai jamais.
En revanche, il existe une coronaire d’en bas, dans une coupe apicale en béquant vers la paroi diaphragmatique du coeur, visible sur une portion assez inhabituelle, (en dehors d’utilisation de produit de contraste ultrasonore) :

Avec du Doppler pulsé, il s’agit bien d’un flux coronaire, de relative basse vélocité, et à nette prédominance diastolique :

La coronographie, réalisée après un petit tour d’essoreuse, va révéler une sténose subocclusive de l’IVA moyenne. La coronaire droite est un peu particulière (je me le suis fait confirmer par un professionnel du boyau), car elle présente un division haute, dans son segment deux, en une IVP visible à droite de l’écran (et sténosée à son origine), et une belle retro-VG, qui est notre artère vue en écho :

A ce stade du post, comme la fois précédente, vous êtes en droit de vous demander où je peux bien vouloir en venir, avec ma belle coronaire qui ne sert à rien, puisqu’enfin bon, c’est la seule qui n’est pas cabossée?
Je comprend.
Mais je trouvais ça mignon, cette drôle de rétro VG, qui naissait bizarrement, et qui venait dire bonjour!

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HDJ, HDT ou HO?

12 mars 2012

Ce matin, une drôle de dame entre dans le box d’examen : pffffffffffffffffffffff….
-Qui y a-t il madame, s’enquière l’infirmière?
-Pffffffffffffffffffffffffff, c’est que je ne cesse d’attendre depuis ce matin, pfffffffffffffffffffff….
-Avant de pfffffffffffffffffffffffffer moi aussi, je jète un coup d’œil à la demande d’HDJ d’évaluation gériatrique :

76 ans, hypertendue, dyspnée stade III, démence « modérément sévère » (admirez la nuance!), suivi de cette énormité : « refus des bilans ».
Ou comment cette patient « modérément sévèrement » démente, qui non seulement ne demande rien, mais en plus refuse tout, se retrouve en échographie cardiaque (normale, bien sûr), pour remplacer un examen clinique et un ecg (qu’elle a certainement refusé d’ailleurs) dans un bilan de démence…

Pffffffffffffffffffffffffffffffffffff…………

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In a sentimental mood

5 mars 2012

Je vous devais une réponse à ce cas clinique de CIV (re)découverte fortuitement dans un bilan d’AVC à plus de 90 ans. Il s’agit d’une rupture septale post-infarctus, comme vous l’aviez deviné. L’infarctus, que le patient et son médecin ont totalement oublié, date de 2010. La rupture septale a bien engendré un peu d’insuffisance cardiaque, mais avec un peu de lasilix et un bon grog, tout ça n’est plus qu’une ligne dans le chapitre « antécédents médicaux ».

Pourtant, une rupture, ça fait mal, non? (attention, référence! Ça balance du lourd) :

Pubmed n’est pas très bavard sur ce sujet un peu « old school », à l’heure ou toutes les artères sont dilatées, stentées, voire dénervées pour le bonheur des petits et des grands. J’ai trouvé cette référence, ou le chiffre de mortalité est proche de celui que j’avais en tête : « The mortality rate with medical treatment is more than 90%, whereas the mortality rate after surgical repair varies between 19% and 60% in different studies ». Dans celle-ci, la mortalité du groupe médical est de 83%…

Il y a tout de même plus chanceux que notre patiente, avec ce cas clinique de fermeture spontané (par un thrombus tapissant) d’une CIV post infarctus pour laquelle le patient avait refusé la chirurgie!

Puisque nous sommes dans le sentimental, je profite de cette réponse pour remercier les nouveaux abonnés (plus de 65 à ce jour, c’est peut-être un détail pour vous, mais pour moi…) et tout particulièrement un ancien Tahitien, nouveau Calédonien à qui je dois beaucoup 😉

A bientôt!

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