Archive for novembre, 2012

L’ischémie silencieuse ne le reste jamais très longtemps…

Vendredi, novembre 30th, 2012

Conti­nuons à avan­cer dans le brouillard.
Je ne vous ai pas sou­vent mon­tré d’échographie de stress.
Il y a plu­sieurs rai­sons à cela : l’interprétation “à froid”, quand on n’a pas réa­lisé soi-même l’examen, est dif­fi­cile (même quand on a réa­lisé l’examen d’ailleurs!). La com­pres­sion des boucles néces­saire pour être dif­fu­sées sur inter­net est telle que les images obte­nues sont plus proches d’un hap­pe­ning d’art contem­po­rain que d’un test d’ischémie myo­car­dique.
Tou­te­fois, compte tenu de la grande qua­lité de mon audi­toire, je retente le coup.

Il s’agit donc d’un test de dépis­tage d’ischémie silen­cieuse chez un patient asymp­to­ma­tique, dia­bé­tique de longue date, avec un test d’effort cli­ni­que­ment néga­tif mais élec­tri­que­ment liti­gieux.
C’est une écho­gra­phie dobu­ta­mine. Les mails de la comp­ta­bi­lité ayant une influence sub­li­mi­nale sur mes choix, je me suis senti, en dépit d’une visua­li­sa­tion moyenne de l’endocarde, de réa­li­ser cet exa­men sans pro­duit de contraste, tablant sur une amé­lio­ra­tion de la qua­lité d’image au pic (erreur…).

Voici donc l’examen de repos :
Base 4 cavités :

base 4 from fish Nip echo­car­dio­gra­phie on Vimeo.

Base petit axe :

base PA from fish Nip echo­car­dio­gra­phie on Vimeo.

Pic 4 cavités :

pic 4 acv from fish Nip echo­car­dio­gra­phie on Vimeo.

Pic petit axe :

pic PA from fish Nip echo­car­dio­gra­phie on Vimeo.

Récup 4 cavités :

recup from fish Nip echo­car­dio­gra­phie on Vimeo.

Récup petit axe :

recup PA from fish Nip echo­car­dio­gra­phie on Vimeo.

ATTENTION :
– regar­der ces vidéos en boucle peut cau­ser des dom­mages céré­braux irré­ver­sibles.
– La sti­mu­la­tion lumi­neuse inter­mit­tente peut déclen­cher l’épilepsie.
– Arrê­ter une vidéo avant de regar­der l’autre peut aider à une meilleure qua­lité d’image.
– Pre­nez garde à l’ouverture des coffres à bagages (risque de chute d’objet).
– Ces vidéos contiennent des petits élé­ments qui peuvent être ingérés.

La ques­tion, comme tou­jours, est : “qu’en pen­sez vous ?“
Je pré­cise que l’examen à déclen­ché une dou­leur angi­neuse, (l’ischémie silen­cieuse ne le reste jamais très long­temps…), et un sous déca­lage liti­gieux du ST.
C’est à vous!

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Dépôt de bilan

Lundi, novembre 19th, 2012

Yara me confie cette demande d’échographie.

Faire le bilan d’une mala­die non évo­lu­tive depuis plus de 5 ans n’est pas une tâche aisée, sur­tout lorsque la patiente ne se plaint de rien, ou (pire!) qu’elle dis­si­mule ses symp­tômes der­rière un ECG nor­mal et un pré­ten­due assu­rance de bonne santé.

Puisque cette écho s’est avé­rée nor­male, fai­sons vite une IRM!

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Purple Haze (2)

Lundi, novembre 12th, 2012

Les bonnes réponses étaient donc 1,2 et 5:
1– L’artefact de réver­bé­ra­tion. Star incon­tes­tée des pièges écho­gra­phiques, c’est l’artefact qui mime un flap inti­mal dans une aorte dila­tée, qui n’est en fait que la réver­bé­ra­tion de la paroi anté­rieure de l’aorte.
« L’artefact de réver­bé­ra­tion est un arte­fact lié à la réver­bé­ra­tion d’une struc­ture ulra­so­nore, géné­ra­le­ment dense, et recon­nais­sable au fait que la dis­tance entre l’artefact et la struc­ture ultra­so­nore lui ayant donné nais­sance est égale à la dis­tance entre cette struc­ture et le cap­teur ultra­so­nore »
Dans ce cas, le cap­teur et la struc­ture dense (ici la cal­ci­fi­ca­tion paroi api­cale) et la dis­tance apex-artefact est iden­tique, et les mou­ve­ments de l’un et de l’autre sont iden­tiques, comme on peut le voir sur la coupe TM.

De façon assez amu­sante, en chan­geant de mode d’imagerie pour le mode contraste, l’artefact est encore plus évident (sur la pre­mière vidéo).

Cepen­dant, la pré­sence même d’une cal­ci­fi­ca­tion api­cale implique la pré­sence un cône d’ombre qui peut mas­quer un throm­bus, comme dans ce cas cli­nique.

On pour­rait donc dis­cu­ter :
– l’utilisation de pro­duit de contraste, (pas d’irradiation, dis­po­ni­bi­lité immé­diate, réponse rapide),
– un scan­ner car­diaque (qui ren­sei­gne­rait de plus sur l’anatomie coro­naire et le per­méa­bi­lité des pon­tages), mais cet exa­men est irra­diant et néces­site une injec­tion d’iode,
– ou une IRM, qui per­met­trait de quan­ti­fier l’étendue de la nécrose, (mais injec­tion de Gado­li­nium et délais d’obtention entre 3 semaines et un siècle)

Bon, vous com­men­cez à me connaître, voici donc ce que donne l’injection de contraste. La cavité VG est opa­ci­fiée par un nuage pourpre (d’où le mer­veilleux jeu de mot du titre), à l’exception du throm­bus, qui devient bien visible, rond, sur le seg­ment septo-apical :

ARTEFACT from fish Nip echo­car­dio­gra­phie on Vimeo.

THROMBUS CONTRASTE from fish Nip echo­car­dio­gra­phie on Vimeo.

Il existe donc bien, sur cet exa­men :
– une cal­ci­fi­ca­tion res­pon­sable d’un cône d’ombre mas­quant le throm­bus,
– un arte­fact de réver­bé­ra­tion mimant la pré­sence d’un throm­bus cal­ci­fié,
– et un throm­bus api­cale, non calcifié.

L’injection de contraste per­met en outre de véri­fier la per­méa­bi­lité du pon­tage mamaire — IVA, avec un flux anté­ro­grade dans l’IVA dis­tale, à com­po­sante dias­to­lique prédominante.

Selon Wiki­pe­dia, cer­tains pensent que les paroles de Purple Haze sont un hymne à la mari­juana, le Purple Haze étant une variété de can­na­bis, de cocaïne, et de beuz de cou­leur pourpre.
Jimi, lui, affirma : « L’idée venait d’un rêve que j’avais fait, dans lequel je mar­chais sous la mer. C’était en rap­port avec une his­toire que j’avais lue dans un maga­zine de science fic­tion ». (Cette his­toire était l’œuvre de Phi­lip Jose Far­mer, dans la série met­tant en scène le détec­tive Harold Childe).
Keith Richards, gui­ta­riste des Rol­ling Stones, évoque quant à lui dans son auto­bio­gra­phie “Life” parue en 2010, les cap­sules vio­lettes de LSD ven­dues dans les années 60 à Londres sous le nom de “Purple Haze”, à côté des “Straw­berry Fields” et autres “Sun­shine”, qui ont ins­piré Jimi Hen­drix pour le titre de sa chan­son.
Per­so­nel­le­ment, je pense qu’il pen­sait au pro­duit de contraste échographique.

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