What a difference does it make?

Que ceux que la recherche hypocrite de la qualité à l’hôpital, à coup de commission et de « groupe de réflexion » me jettent la première pierre, mais le titre de cet article du JASE m’a interpelé car il fait écho à une question que je me pose depuis longtemps :

« Quality in echocardiography : does it make a difference? »

Il s’agit d’un éditorial, au sujet d’un article tentant de mesurer la relation entre la FEVG et la mortalité toute cause sur 63000 patients. Pour faire bref, la corrélation, qui est (heureusement!) retrouvée, est plus ou moins forte en fonction du niveau de qualification de l’échographiste.

Cet article d’apparence anodine jette pourtant un pavé dans la mare. Les échographistes sont assez souvent raillés par les collègues « invasifs » sur la variabilité inter (parfois même intra observateurs) de nos résultats, sur nos qualificatifs flous, et en filigrane, sur le peu de risque que nous prenons dans notre exercice quotidien. « La coro, c’est invasif, l’écho c’est évasif ».
Il semble à la lecture de ce travail, qu’il existe bien un impact de la qualité des échographies sur le suivi des patients.

Reste à définir ce que peut-être la qualité d’un examen :
– la qualité des images?
– celle de l’interprétation?
– la cohérence avec les recommandations en vigueur?
– l’impact de l’examen sur la prise en charge du patient?
– la corrélation entre les résultats et le pronostic?

Si un jour, (comme cela est évoqué dans l’article), la sécurité sociale décide de ne rembourser que les examens réalisés dans des laboratoires « certifiés », quels seront les items de cette certification?

La numérisation et le stockage numérique seront probablement un des premiers aspects, indispensable à une relecture. L’affaire du médiator nous a rappelé tout l’intérêt de cette relecture à posteriori.
Si elle est techniquement simplissime, la « numérisation » d’un labo d’écho est en pratique un véritable casse tête, en parti à cause des guéguerres entre constructeurs, qui s’arrangent pour que les données des uns ne soient pas utilisable par les logiciels des autres. Les coûts des « options DICOM » et des logiciels de relecture « off line » sont proprement hallucinants.

Ils ne nous reste qu’à mettre un peu de pression sur nos amis constructeurs, pour que cette première étape dans la quête de la qualité d’un laboratoire d’échographie soit possible.

Pour changer un peu de David Bowie et de Goldorak, je vous propose d’autres idoles de jeunesse (je précise que je ne comprenais pas les paroles, et je ne suis pas sur de tout comprendre au jour d’aujourd’hui…) :

Tout commentaire, qu’il soit sur la qualité, sur l’écho, ou sur les Smiths, sera le bienvenu!

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10 Responses to What a difference does it make?

  1. Odile says:

    Je ne pense pas la médecine en terme d’oppositions mais de concertation et collaboration ; chacun a sa place, chaque examen son intérêt et l’équipe se complète et s’enrichit des apports de chacun ; et tu donneras deux claques de ma part à celui qui critique l’échographie , de la part d’Odile tu lui dis bien. Et je conserve toutes mes images , j’en ai plein l’ordinateur, c’est très beau et ça bouge bien. Et on peut comparer l’évolution du patient en direct sur grand écran de mon bureau ; la vie est belle. Surtout à la campagne. Vous devriez tous venir. Mais ça serait plus la campagne.

    • philippe says:

      Je pense comme toi que ces histoires de qualité n’ont aucun interêt à l’echelle individuelle, dans un cabinet de ville, même de ville à la campagne. Je ne suis pas non plus sûr qu’elles soient interressantes pour l’hopital. Mais c’est toujours une démarche amusante que de se poser un instant pour reflichir sur notre activité quotidienne (tant que ce n’est pas l’administration qui nous le demande avec des questionnaires de 100 items à choix multiples…)

  2. Whiteshark says:

    Règle absolue à appliquer indéfiniment quelle que soit les anneś,siècles, millénaires à venir: les radiologues ne touchent pas l échographie cardiaque!

  3. Nico says:

    Il me semble aussi que les « étalons Or » que prônent nos collègues invasifs sont de piètres références: Si l’IRM s’autoproclame examen de référence en toute chose, la coronarographie reste un inamovible standard, pourtant bien désuet…envoyer un patient au bloc sur les conclusions visuelles d’une imagerie de projection planaire…c’est comme, en 2013, opérer un K du poumon après une radio de Thorax… Enfin j’me comprends

    • philippe says:

      Je te comprends aussi 😉
      Reste qu’une « mauvaise » coro a des récpercussions plus rapidement visible qu’une « mauvaise » échographie.
      A l’echelle individuelle, ces crières qualité n’ont aucun interêt.
      L’idée de confronter ses pratiques (dans un labo donné) avec d’autres laboratoires d’écho, d’essayer de standardiser un peu les informations à enregistrer sur un examen, de pouvoir facilement comparer un examen au précedent avec les images (et pas seulement avec le compte rendu), me parait interressant. En pratique quotidienne, (je ne sais pas pour vous), nous n’avons ni le temps, ni les moyens techniques adequats pour le faire…

  4. Odile Vigué says:

    Je ne sais si c’est intéressant comme info, mais je conserve mes images d’échographie, à la fois dans mon dossier informatique du logiciel axisanté°, dans un pdf , avec l’ecg en pdf aussi , et le courrier bien sûr ; et aussi sur « échopak » le logiciel de mon VIVID S6, qui se trouve sur le même ordinateur qu’axisanté°, à distance de l’écho, relié en réseau ; je peux ainsi le lire sur mon bureau, donc confortable, avec mon écran géant, les images en boucle, les strains, les calculs qui peuvent être tous refaits, du moment qu’on a pris le soin de prendre de bonnes images; et aussi je peux montrer aux patients sur grand écran.Il est possible d’organiser des sauvegardes ensuite sur des disques externes, un informaticien pourrait organiser ça correctement, c’est sans doute l’élément à peaufiner tout ce stockage pour vous à l’hôpital. Je n’ai VIVID 6 que depuis 11/2011; avant je gardais mes échographies sur PICASA avec une clé usb pour le transfert, c’était plus long, et je n’avais pas de boucles. J’ai toujours envoyé mes écho par internet pour discussion avec mes confrères. Je prends beaucoup de photos, toujours en train de penser, tiens ça , ça pourrait être pris pour une végétation, je vais le stocker , photos des petites régurgitations etc . Enfin, j’suis une fille, c’est p’être ça.

  5. clément says:

    Je pense que la démarche est indispensable quelque soit le cadre dans lequel on travaille (cabinet, CHG…). elle est bénéfique pour le patient (si on peut lui éviter une deuxième ETO!) et pour le médecin (cela permet de se confronter aux autres, de discuter, de réfléchir et d’avancer).
    Le problème est que cette formalisation prend du temps. Elle nécessite de s’y connaitre un minimum en informatique et pourtant très vite on se heurte à des difficultés:
    -format de stockage des boucles et images (row data, DICOM..)
    -multiplicité des plateformes de stockage
    -compatibilité des solutions proposées
    -couts élévés du moindre « soft »
    dans notre CH par exemple, on a un pacs qui permet de montrer des images ou des boucles mais dans un format DICOM « dégradé » ne contenant pas toutes les données brutes et donc ne permettant pas de nouvelles mesures, 3 echos de marques différentes, un logiciel de génération du compte rendu (cardioreport), un logiciel de gestion des rdv générant la worklist des patients…et tout ce petit monde a du mal à communiquer!
    bref un vrai casse tete parfois!!!

    • philippe says:

      Tout ce petit monde refuse de communiquer! Pour des histoires de propriétés de logiciel, de facturation de la moindre option… A l’échelle de l’hôpital, on devrait imposer, à l’achat d’une machine, la possibilité de mettre la totalité des données en réseau, dans un format DICOM lisible par n’importe quel lecteur!

  6. Odile Vigué says:

    oui , merci Clément de ta réponse, je pensais que la gestion d’un groupe d’échographes et d’échographies seraient d’une autre difficulté que ma petite gestion et celle de mon associé (on fait un groupe de deux pour un seul plein temps : ah les salopards tu me diras …. ) . Mais je me disais que si on voulait y coller un informaticien, et surtout des moyens financiers , ce qui n’est pas du tout d’actualité , ça devrait pouvoir se monter. Mais mais mais . des sous .

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