Archive for 25 mai 2014

Lucky – Unlucky

25 mai 2014

Pour compléter le précédent cas clinique, et tenter d’y apporter des informations supplémentaires, je vous propose un autre cas clinique similaire, le cas d’un patient que nous appellerons Monsieur Lucky.
Monsieur Lucky, (comme Monsieur Unlucky), remonte dans sa chambre d’USIC après une angioplastie primaire à la phase aiguë d’une infarctus antérieur.
Même machine portable, mêmes conditions d’examen, mêmes excuses sur la qualité des images, les réglages du gain etc… (Dans les topos, ont dit « c’est la vraie vie », ça fait roots, et ça donne tout de suite un parfum d’authenticité qui balaye les critiques et les grincements de dents).

La 4 cavités :

La 2 cavités :

Le flux couleur dans l’IVA :

Et le flux Doppler :

Revoici maintenant le flux de M Unlucky, du cas clinique précédent :

Qu’est ce que cela vous évoque?

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La cabane est tombée sur le chien

23 mai 2014

C’est un infarctus antero-septo apical vu tardivement, revascularisé par stent sur l’IVA, compte tenu du jeune age du patient et de la dysfonction VG.
Voici l’écho, faite au retour de la salle de KT, au lit du patient, avec un appareil portable et compressée à 3 reprises par des lecteurs de plus en plus cheap (non, je ne cherche pas d’excuse!) :

Vous connaissez peut-être ma petite marotte qui consiste à enregistrer le flux dans l’IVA lorsqu’il existe des troubles de cinétique segmentaire, voici donc l’aspect couleur :

Et l’aspect Doppler, lorsque on tire en pulsé :

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La quatrième dimension

1 mai 2014

Drôle d’image donc, que cette aorte quadrillée sur une acquisition tridimensionnelle, alors que la boucle 2D ne révèle qu’un athérome certes très épais, mais d’aspect finalement assez classique.
Cette image n’est ni le grillage d’une endoprothèse, ni le résultat (comme je l’ai cru également sur le coup) d’une irradiation. Il s’agit tout simplement d’un artefact.

L’angioscanner aortique le prouve, point de quadrillage, juste des plaques étagées :

L’apprentissage d’une nouvelle technique passe par la maitrise des artefacts liés à cette technique, c’est une évidence, et ce n’est pourtant pas si facile quand on a (comme moi) des connaissances minces sur les principes physiques qui permettent de générer ces images.

C’est tout l’intérêt de ce papier publié sur le site du JASE pour le numéro de mai 2014 : Artifacts in Three-Dimensional Transesophageal Echocardiography.

Les artefacts y sont recensés ainsi :
– Les artefacts de « reconstructions » liés à l’acquisition « full volume », qui correspond aux « marches d’escalier » du coroscanner. Ce sont des lignes de décalages entre les volumes acquis sur des battements successifs. Facile.

– Les artefacts « d’omissions » (dropout) sont plus tricky. Les parois les plus minces et les plus loin du capteur peuvent ne pas apparaitre sur l’image « vue en face ». Il faut alors, avant de conclure à une perforation, jouer sur les gains, pour faire réapparaitre la zone « omise » (typiquement le SIA, le fond des cusps aortiques…)

– Les artefacts de « flou » rendent certaines structures fines (rupture de cordages par ex) plus épaisse qu’en réalité.

– Les artéfacts « d’éblouissement » (blooming effect), les structures métalliques apparaissent plus épaisses et irrégulières.

– Les artéfacts en « rail de train » concernent les gros cathéters qui peuvent apparaitre en double.

– Les artefacts de réverbération donnent des images multiples de structures métalliques.

– Le cône d’ombre, existe évidemment en 3d.

OK. Super. Mais lequel de ces artefacts et responsable de ma fausse grillade aortique? Je ne sais pas. Je serais curieux d’avoir votre avis. En l’absence de proposition de votre part, je vous propose de l’appeler le « BBQ effect » et de l’imputer à une bascule brutale dans la quatrième dimension.

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