Archive for the ‘biblio’ Category

Caramels, bonbons et chocolats

12 juillet 2017

Ils reviennent, et ils ne sont pas content du tout.

Rappelez vous PROMISE, article important mais incompréhensible paru dans le NEJM et comparant une stratégie “anatomique” (le coroscanner) versus une stratégie fonctionnelle (ECG d’effort, scintigraphie et écho de stress) de dépistage de la coronaropathie pour les patients se plaignant de douleurs thoraciques “stables”. A l’époque, pas de différence entre les deux stratégies, les radiologues se félicitaient de se faire une place au delà de l’éternelle valeur prédictive négative de leur test, et les cardiologues se réjouissaient de tenir bon face à ce nouveau voisin de console et ses images hallucinantes en 3D couleur.

Deux ans après, il reviennent avec cette analyse pré spécifiée du même essai PROMISE, sur la même population, mais sur un suivi un peu plus long, en moyenne de 26 mois.

Les 9000 patients ont été tirés au sort entre coroscanner et dépistage fonctionnel (en fait 67% de scintigraphies et seulement 10% de tests d’effort).

La première information est le nombre d’examen normaux : 78% pour l’imagerie fonctionnelle, versus seulement 33% pour le scanner coronaire. Il est important de noter ici qu’on ne sait absolument pas ce que le clinicien à fait de l’information “coroscanner anormal”, en terme de revascularisation ou de traitement médical.

Toute l’astuce du papier consiste ensuite à séparer les tests en faiblement, modérément ou sévèrement anormaux. Le scanner coronaire garde un pouvoir discriminent entre le scanner normal, le faiblement anormal, et le modérément anormal, avec un taux d’événement (MACE) qui passe de 0.9 à 3%, puis 7%.

Le test d’imagerie, lui, à un taux d’événement de 0.9% quand il est normal, qui passe à 2.4 puis 5.9%, ce qui est plus faible.

Que le test soit anatomique ou fonctionnel, le taux d’événement est à 10% quand il est sévèrement anormal.

Et les auteurs de conclurent que le coroscanner est donc plus discriminent, car il détecte des coronariens avec des douleurs thoraciques (critère d’inclusion dans l’étude) et des sténoses à moins de 70%, chez qui le taux d’événement n’est plus si faible que ça.

Mais que faire de tout ces nouveaux coronariens qui s’ignorent, dépister par un coroscanner hypersensible? Faut-il prescrire satine/aspirine à tous ces patients? Pour passer de 2.4 à 3%?

Avec cette publication, PROMISE ne me déçoit pas, c’est décidément une très belle étude, dont les répercussions sur mon activité quotidienne me laissent toujours aussi perplexe, même avec 26 mois de suivi.

A dans deux ans?

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Écholalie ou la la land?

19 mars 2017

Pendant l’ACC 2017 , la fine fleur de l’imagerie américaine publie de nouvelles recommandations sur l’évaluation des fuites valvulaires sur valves natives.

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L’écho des guidelines d’écho parvient jusqu’à nous. Ces nouvelles recommandations sont passionnantes, ce qui, pour des recommandations, est un exploit qui mérite d’être souligné!

Dans le premier chapitre, (qui a été écrit pour moi, merci Willy!), l’anatomie et la description de la valve régurgitante est mise à l’honneur. Une fuite importante, c’est avant tout une dysfonctionnement valvulaire sévère, avec un mécanisme qu’il est indispensable de décrire. (J’en profite pour glisser un de mes petits poèmes japonais: pour savoir pourquoi une valve fuit, il faut déjà savoir comment elle se ferme!)

Première nouveauté, elles s’appuient sur une site internet amené à être alimenté dans le futur, qui présente déjà des cas cliniques commentés très intéressants.

Enôorme nouveauté, ces recommandations intègrent l’IRM cardiaque, avec des recommandations et des valeurs seuils claires pour l’évaluation des fuites valvulaires.

Le 3D est (enfin) mis à l’honneur, essentiellement pour les calculs de volumes VG en ett, et pour l’analyse fine de la valve en ETO, avec une mention spéciale pour la planimétrie de la PISA en 3D couleur, pour les insuffisances mitrales secondaires.

Last, but not least, l’échographie d’effort est enfin admise dans l’évaluation des insuffisances mitrales, sur vélo couché, c’est beau comme une comédie musicale américaine qui rendrait hommage à Jacques Demy… Ce rapprochement avec les Européens est d’ailleurs scellé par d’autres recommandations écrites conjointement entre ASE et EACVI sur l’évaluation en échographie de stress des cardiomyopathies non ischémiques. avec en premier auteur P Lancellotti, grand prêtre de l’échographie d’effort de la valve mitrale.

Bonne lecture, et n’hésitez pas à partager vos sentiments sur ces nouvelles recommandations!

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ZO1 : Edge to edge

1 octobre 2016

Vous êtes trop fort, le cas clinique précédent était bien un double orifice mitral congénital.
Dans les commentaires sont évoqués les noms de Mitraclip et d’Alfieri, et ce n’est pas un hasard.
Dans cet article (gratuit) du JACC, vous revivrez avec de l’émotion, de la joie, et de la peur le continuum entre toutes ces entités.
C’est en effet en opérant une CIA qu’Alfieri constata en per-operatoire un double orifice mitral, parfaitement continant et non sténosant. L’après midi même, il devait opérer un prolapsus de grande valve mitrale, ce qui (avant l’aire de cordages en Gore-Tex) était un “challenge” chirurgical. Il pratiqua donc pour la première fois une suture bord-bord (edge to edge) de A2 et P2, recréant ainsi la valve vue le matin.
Si l’intervention est désormais délaissée pour une approche plus anatomique (grâce, donc, aux cordages artificiels), elle fut le premier pas vers le développement du Mitraclip.

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Il est habituel de terminer ce genre de post par une vidéo musicale, en rapport avec le titre. Or “The Edge”, guitariste de U2, ne m’a jamais inspiré grand chose. Aussi je vous propose de siffloter votre air préféré en attendant des jours meilleurs ;).

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Take the B line

12 août 2016

Exit le A train d’Ellington, les caravanes, cet article de Mai 2016 est un plaidoyer pour la ligne B.
L’appréciation des pressions de remplissage gauches en échographie étant parfois si complexe que même les cardiologues se perdent dans des algorithmes obscures, le plus simple est encore d’évaluer l’eau intra-pulmonaire, toujours par échographie.

Techniquement, c’est très simple, ça marche avec n’importe quelle sonde entre 2.5 et 7 MHz, on explore le thorax sur 2 à 4 cm de profondeur à la recherche de ces fameuses “B lines” blanches allant de la sonde vers la profondeur (“comètes”). Plus il y en a, plus il y a d’œdème, le poumon normal étant noir.

La sensibilité et la spécificité pour un diagnostic de dyspnée “cardiogénique” aux urgences est respectivement de 94% et de 92%, la faisabilité est proche de 100%.
Ça ne vous rappelle pas une autre promesse?
Est-ce une nouvelle “BNP line”?

Il y a plusieurs éléments qui laissent penser que cet outil est intéressant.
En premier lieu bien sûr le prix et l’accessibilité de l’appareil qui est déjà dans toutes les urgences et toutes les USC.La formation de l’opérateur est très courte d’après les auteurs, et la reproductibilité est excellente.
Les ondes B, (comme les cardiologues), sont sensibles aux diurétiques et disparaissent en “temps réel”, ce qui permet de suivre l’efficacité du traitement. Elles sont plus nombreuses en décubitus qu’en position proclive.

Dans les cas difficiles, ou il peut y avoir des lignes B non liées à de l’œdème interstitiel (la spécificité n’est quand même pas à 100%…), l’échographie cardiaque devient un complément d’examen appréciable, pour la FE, les pressions de remplissage gauches et la PAPs (sic…).

Encore plus fort, la détection d’eau pulmonaire serait accessible en échographie d’effort, lors de situation d’insuffisance cardiaque d’effort!

Cerise on top of the cake, avec les appareils portables, l’exploration de la dyspnée d’effort devient accessible en altitude extrême, sur le bateau après une plongée sous marine, bref partout et pratiquement par tous, après une formation brève.

L’échographie du globe vésical est déjà utilisée par les paramédicaux (et l’échographie cardiaque d’une cardiomyopathie dilatée avec FEVG à moins de 15% ressemble pas mal à l’écho de vessie…). Peut-on imaginer un “lung-scan” comme il existe déjà un “bladder-scan”?

Je serai curieux de savoir combien d’entre vous l’utilisent déjà?
Pour ma part, je sens que mes prochaines gardes seront aquatiques.

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The Magic Number

27 mai 2016

Ce n’est pas un scoop, le magic number de la cardio, c’est la fraction d’éjection du ventricule gauche. Les définitions, les indications thérapeutiques, médicales, rythmologiques, chirurgicales sont toutes (en partie) basées sur les volumes VG et la FEVG.
Pourtant des incertitudes existent encore, sur les méthodes de mesures et les chiffres normaux, ceci est parfaitement résumé par Andrew R.Houghton dans son blog.

Je développerai ici uniquement le problème des mesures. Dans les recommandations récentes de l’ESC sur l’insuffisance cardiaque, seul la FEVG Simpson (éventuellement avec du contraste) et l’IRM sont conseillées.

MAIS COMMENT L’IRM EST-ELLE DEVENUE LE GOLD STANDARD???

J’ai posé la question à mon pote google. Voici ce que ‘ai trouvé de mieux, dans un ouvrage de Biederman :
1-Bonne résolution
2- Bon contraste endocardique
3- Pas d’erreur de positionnement (liée aux fenêtres acoustiques)
4- Non opérateur dépendant (je m’étrangle)
5- Très reproductible
6- Pas de modèle géométrique
7- Mesures corrigées dans les trois dimensions
8- Mesures précises des volumes
9- Cinétique segmentaire analysable
10- Résolution temporelle “moyenne à importante”!

Avec les nouvelles techniques de FEVG 3D, certes sous réserve d’une echogénicité correcte en apicale, ces items sont tous réalisables. Et pourtant, des discordances de FEVG persistent IRM et ETT.

IRM vs Echo 2D 3D, la litterature…

Dans le merveilleux monde de la littérature, comme dans cette gigantesque meta-anayse du BMJ, portant sur 2888 patients, les FEVG en echo 2D, echo 3D et IRM sont comparables. Pourtant quand on regarde dans le detail, les volumes VG sont tous plus faible en echo qu’en IRM.
Le challenge de l’echo serait donc de s’approcher des volumes VG de l’IRM. C’est l’idée poursuivie avec le Heart Model de Philips, qui modélise les 4 cavités cardiaques de façon quasi automatique en “entrant” un peu plus dans le myocarde, pour exclure les trabéculations et se rapprocher ainsi de l’IRM (pour mémoire, la détermination des volumes et de la FEVG en IRM est encore réalisée avec des contourages manuels assez fastidieux…)

Voici un exemple.
Une acquisition 4 cavités :

l4cav from fish Nip echocardiographie on Vimeo.

Lacqui3d from fish Nip echocardiographie on Vimeo.

Lfe3d vol from fish Nip echocardiographie on Vimeo.

simpson

HM syst

Capture

La FEVG est à 67% en 2D et 69% en 3D avec des volumes TD et TS à 170ml/50ml.
Avec le Heart Model, le volume diastolique est à 224 ml le VTS à 90 ml (FEVG 60%…)
En IRM, le VTD est à 215 ml et le VTS à 108, et patatra, la FEVG tombe à 50%!!!

Le volume TD est donc proche de celui de l’IRM, mais le volume systolique est encore plus faible. Est-il faux pour autant? Je ne suis pas sûr.

La résolution temporelle des méthodes 3D et IRM est bien moins bonne que la résolution du 2D (rappelez vous le N° 10- Résolution temporelle “moyenne à importante”) . Si on s’amuse à compter le nombre d’image entre le début du QRS et le sommet de l’onde T, on obtient :
– 23 images pour l’écho 2D (à 50 hz)
– 9 images pour l’écho 3D (19 Hz)
– 11 images pour l’IRM
Attraper un événement aussi fugace que la vraie télésystole est difficile, ce d’autant que le temps passé en télésystole est beaucoup plus court (un ou deux cadres) que le temps passé en télédiastole ( 4 ou 5 images).
Le pari du volume télédiastolique serait presque gagné. Le volume télésystolique est toujours plus faible en écho 2D qu’en echo 3D et IRM (cf meta-analyse) peut-être tout simplement parce qu’on manque encore de résolution temporelle.

Pour conclure, le fondement sur lequel est assis est la cardio parait encore un peu bancal.
Puisque le Strain longitudinal global serait plus robuste que la FEVG pour prédire le pronostic dans l’insuffisance cardiaque, je propose un nouvel indice, la FEVG divisée par le strain. Il n’est pas forcément plus rassurant d’avoir une FEVG à 75% et un SLG à -10%, qu’une FEVG à 30% et un SLG à -15%.

La valeur normale (60/20) serait 3, the magic number!

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Le charme de l’atypique, une pièce en plus

4 mai 2016

Dans le langage immobilier, l’atypique désigne une surface inexploitable (mais non négociable) qui ajout un “cachet” au produit. La terrasse donnant sur les toilettes, les combles à 50 cm de hauteur, le couloir traversant la cuisine en sont des exemples illustres.

Ce cas clinique a été rapidement mis à jour par les habitués (que je remercie encore une fois pour leur participation courageuse et prompte), même si il est bien difficile de répondre quand on à pas la sonde en main!

Il s’agit d’un cœur pulmonaire chronique avec HVD, dilatation de l’AP, HTAP. Sur les données anamnestiques, l’HTAP est vraisemblablement primitive. La pièce en plus, c’est un anévrisme de l’auricule droit, avec muscles pectinés au fond, mesurant 14 cm2.

Les anévrismes de l’auricule droit sont rares, de découverte fortuite, ou à l’occasion d’une arythmie supraventriculaire ou d’un bilan de dyspnée.
Dans cette revue de littérature parue dans Echocardiography en 2014, 20 cas ont été recensés. Les causes évoquées, outre les formes congénitales, sont justement l’HTAP, les defects septaux, par le biais de l’augmentation chronique de la POD. Il est donc amusant de constater que dans notre cas, puisque la micro-CIA shunt en gauche-droit, la pression de l’OD n’est probablement pas très élevée.

Est-ce qu’un petit thrombus s’est formé dans l’auricule droit, puis engagé dans la CIA pour causer l’AVC? Le mystère restera entier…

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I shot the Sherif, but I didn’t shoot no DTI…

15 avril 2016

L’évaluation de la fonction diastolique était certes un sujet de préoccupation il y a dix ans. Mais qu’est ce qui peut pousser Sherif Nagueh à actualiser les recommandations de 2009 sur l’évaluation de la fonction diastolique en échocardiographie dans cet article du JASE 2016?
J’ai essayé de lire ce nouvel opus avec des yeux neufs, une naïveté de fan. J’avais adoré le 1, j’attendais donc le 2 avec impatience.

Dans l’introduction, une définition qui pose bien le problème :
La dysfonction diastolique est généralement liée à une altération de la relaxation du VG, que ce soit la succion protodiastolique et/ou la rigidité myocardique. IL faut donc, avant de se lancer, avoir une idée des flux normaux, en fonction de l’âge et de la situation hémodynamique du patient. (Ce qui est vrai au repos dans un labo ne l’ai pas forcément en réanimation sous adré…)

Justement, le rapport E/e’ (moyenne de e’ septal et lateral) varie peut avec l’age, et les auteurs considèrent désormais un rapport supérieur à 14 comme rarement physiologique. La manœuvre de Valsalva (diminution de plus de 50% de l’onde E) et Ap -Am sont également de bons indices, variant peu avec l’âge.

Les tableaux décisionnels ont été modifiés, sans pour autant changer grand chose. On part de E/e’ quand la FEVG est preservée, et de E/A qd elle est altérée, et roule galette. Bref, comme on dit à Rungis, pas de quoi faire trembler Hollywood…

Les cas particuliers (péricardite constrictive, CMH, RM,IM, FA) sont intéressants. Encore que la fonction diastolique du RM serré, ça me semble un peu fallacieux…

Du coup je me suis précipité sur le chapitre de l’évaluation à l’effort, qui n’existait pas en 2009.
Et là encore, du E/e’…
Le test est considéré comme concluant si à l’effort :
– E/e’ moyen à l’effort est supérieur à 14, ou E/e’ septal > 15
– Le pic de vitesse de l’IT à 2,8 m/sec
– Et la vitesse de e’ est inférieure à 7 cm/Sec

Le truc amusant, c’est que la vitesse de l’onde E varie du simple au double à l’effort, que la vitesse de l’IT augmente “physiologiquement” et que e’ septal est souvent faible.

Je vous le disais, pas de quoi faire trembler hollywood…

Quitte à faire des reprises, je vois propose une version 2 assez amusante, il faut passer la publicité (impossible d’y couper) mais ça vaut son pesant d’herbe de Provence!


ALPHA BLONDY – J'ai tué le commissaire mais pas… par TEST-WAGRAM

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TM : T’es Mort

10 février 2016

Mais pourquoi, pourquoi fait ont encore du TM sur le VG???
Écartons de suite la réponse de type ” c’est le mode historique, on a toujours fait comme ça”, parce qu’on a toujours gouté les urines pour faire un diagnostic de diabète jusqu’à ce que la bandelette réactive existe, et bizarrement, on a rapidement arrêté après.

Le TM VG donne trois informations :
– le calcul de la masse VG selon (par exemple) la formule de l’ASE, (qui coule de source) : LV Mass (g) = 0.8{1.04[([LVEDD + IVSd +PWd]3 – LVEDD3)]} + 0.6
– l’épaisseur relative des parois (pour différentier les hypertrophies des remodelages, et les concentriques des excentriques)
– Une estimation, par la contraction à mi-VG, de la FEVG, par le Teichholz (qui coule de source) : (End-diastolic volume=7/(2·4+EDD) x EDD3 et End-systolic volume=7/(2·4+ESD) x ESD3)

Deux papiers viennent shooter dans la fourmilière, pile au moment ou je trouvais le goût du TM un peu amer.
Le premier est une collaboration Japon-USA, avec l’équipe de Roberto Lang, Pape US de l’echo 3D : c’est une étude de la masse VG en ETT 3D versus l’IRM. Il utilise pour cela un logiciel permettant d’extraire un contourage diastolique de l’endocarde et de l’épicarde du VG de volumes 3d. Ce contourage est quasiment identique à celui fait en IRM, et il n’est donc pas surprenant que la corrélation entre les deux techniques soit excellente.

Le second vient du Pape Italien (c’est plus habituel que les papes US…) de l’écho 3d (Luigi P Badano), il s’agit d’une analyse de volume VG, FEVG, incdice de sphéricité, bref de toute la géométrie VG sur des sujets sains.

En bref : l’echo 3d sous estime encore un peu les volumes VG en comparaison à l’IRM, mais est beaucoup plus proche de l’IRM que l’echo 2D. La sous estimation portant sur les deux volumes, l’estimation de la FEVG est assez bonne. L’évaluation de la masse, calculée sur des volumes 3d en diastole est excellente, (et très certainement mille fois meilleure que celle extrapolée du TM).

Il y à bien sûr des bémols, à titre personnel, et cela n’engage que moi, je trouve que les volumes systoliques sont moins bien repérés par le logiciel, et que la cadence image est encore trop faible pour généraliser la FEVG 3d. Le volume diastolique étant bon, et le systolique fréquemment surestimé, la FEVG s’en trouve abaissée par rapport à nos standards en Simpson biplan (comme en IRM d’ailleurs..)
Il est probable que l’adaptation du logiciel à l’utilisation du contraste ultrasonore et l’évolution de la cadence image des futures sondes règlera ce problème.
De même, l’acquisition se fait sur 4 cycles pendant une apnée brève, ce qui nécessite, outre une échogénicité suffisante, un rythme sinusal et… une apnée brève.

Quand nous aurons un masse fiable, une FEVG fiable, un strain global en 3D et une acquisition sur un cycle, je crois sincèrement qu’on pourra ranger le TM VG avec l’accent circonflexe (auquel je suis d’ailleurs plus attaché).
A titre personnel à nouveau, je souhaite ardemment qu’on conserve la cédille, sans laquelle mon nom de famille aurait une connotation désagréable ;)…

Pour illustrer mon propos, quelques images 3d d’une cardiomyopathie de stress, la ballonisation apicale parait presque palpable!

3d from fish Nip echocardiographie on Vimeo.

Quelques rondelles de VG (même patiente) pour l’apéro, de la base (en haut à gauche) à l’apex en bas à droite. L’IRM n’est plus très loin…

islices from fish Nip echocardiographie on Vimeo.

PS : il est habituel que ce genre de post ne sollicite aucune réaction, je serai pourtant ravi de connaitre votre avis sur le sujet!

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Slight Return

12 janvier 2016

Sur “Electric Ladyland”, (sorti en 1968 un peu avant “soca danse” cher à nfkb), paraissait “Voodoo Child, slight return). Il est évident que le “retour insignifiant” n’est pas si anodin.

Notre patiente à elle aussi un retour électrique qui n’est pas sans conséquences :

Son ECG de base était normal, mais il existe un Kent droit (je me le suis fait confirmé par les gens qui savent, et que je remercie), qui devient perméable à l’effort, permettant au passage la conduction assez impressionnante de quelques ESA précoces.

La caractérisation d’un faisceau accessoire en échographie cardiaque est décrite dans cet article de Nagueh.

Pour faire bref, lorsqu’il s’agit d’un kent gauche, il est possible de voir (en mode TM, en doppler tissulaire ou speckle tracking) une contraction plus précoce d’une paroi (posterobasale ou septale en fonction de la topographie du kent) contemporaine de l’onde delta ECG; et qui disparait après ablation. La faisabilité en speckle tracking est de l’ordre de 80-90%.

En revanche, la localisation échographique du kent par écho est beaucoup plus difficile pour les faisceaux droits (faisabilité d’environ 65-75%). La contraction précoce concerne le VD, pour lequel l’analyse de cinétique est plus difficile. On peut donc observer la désynchronisation induite par la pré-excitation du VD, exactement comme dans un BBG ou une stimulation apicale par un PM. Il est intéressant de noter que cette désynchronisation peut persister quelques semaines après ablation. Cet article résume bien les effets hémodynamiques délétères des Kent droits, et conclut à une indication d’ablation même en l’absence de trouble du ryhtme, pour préserver ou normaliser la FEVG.

La patiente, quant a elle, m’a rétorqué qu’elle était née avec ce faisceau, et qu’elle s’y était attaché avec le temps.

J’avais débuté ce cas avec Jimi Hendrix mais ceux qui suivent ce blog savent que la disparition de David Bowie est un coup dur. J’ai donc choisi une vidéo de Stevie Ray Vaughan interprétant un titre de “Electric Ladyland”.

Bowie a “découvert” Stevie Ray Vaughan en 1985 au festival de Jazz de Montreux et lui a confié l’incroyable solo sur “Let’s Dance”. Ce solo a assuré le succès de la chanson et la renommée internationale de Vaughan.

Un post qui parle de Hendrix, de Bowie, et de SRV ne peut pas être foncièrement mauvais…
Et bravo à Yoan pour le diagnostic!

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Les QAV se rebiffent

3 janvier 2016

Un trèfle à quatre feuilles comme porte bonheur pour 2016 :

eto 3d from fish Nip echocardiographie on Vimeo.

Systole :

Diastole :

On parle beaucoup des Bicuspid Aortic Valve (BAV) et assez peu des Quadricuspid Aortic Valve (QAV), mais les QAV se rebiffent!
Pour faire des séries sur des pathologies rares, il y a la Mayo Clinic, dans cet article de Circulation.

Entre 1975 et 2014, 50 quadricuspidies ont été identifiées (soit 0,006%). (Ils ont tout de même trouvé le moyen de classer les 50 patients en 7 catégories…).
Une dilatation aortique a été trouvée chez 29% des patients, et 26% présentaient une valvulopathie aortique significative (92% de fuites, généralement modérées).
30% des patients avaient une autre anomalie congénitale associée.
Il n’y a eu aucune dissection ou endocardite sur le suivie moyen de 5,6 ans.
La survie est de 91.5% et 87.7% à 5 et 10 ans.

La QAV est donc rare (Le faux talbin, Messieurs, est un travail qui se fait dans le feutré.)
Elle est probablement un peu sous diagnostiquée car les complications qu’elle entraine, et en particulier les insuffisance aortiques, sont souvent moins sévères que la bicuspidie.

Bonne année 2016 à tous (il est encore temps), et en route pour une sixième année d’echocardioblog!

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