Archive for the ‘Non classé’ Category

Pendant la durée des travaux, la valve reste ouverte

7 octobre 2017

Le cas clinique précédent, un OAP sur prothèse sténosante, pose le problème du diagnostic différentiel entre thrombose et endocardite sur bio-prothèse.
Le petit élément mobile sur la valve aortique, l’épisode de fièvre et les images suspectes d’abcès de l’anneau en impose, comme le dit Whiteshark, pour une endocardite et pousse à une ré-intervention rapide.

Cependant, l’absence de syndrome inflammatoire, d’hémoculture positive, et de destruction valvulaire nous ont fait hésiter. L’important contraste spontané en rythme sinusal , les vélocités de vidange de l’auricule basse sont aussi des arguments pour la thrombose, chez cette patiente sous anti-agrégants seuls. De plus, en relisant les anciennes échos, le petit élément mobile sur la valve aortique semblait préexister! Le Pet scanner, fait à 10 jours d’antibiothérapie probabiliste, retrouve une fixation peu intense de la bioprothèse.
Voici donc la même prothèse après 10 jours d’anticoagulants et d’antibiothérapie:

De-ID20170829150618107 from fish Nip echocardiographie on Vimeo.

De-ID20170829150642317 from fish Nip echocardiographie on Vimeo.

De-ID20170829150618107 from fish Nip echocardiographie on Vimeo.

Tout n’est pas « nettoyé » mais les trois feuillets s’ouvrent, les éléments mobiles ont régressés, et le gradient trans valvulaire est passé de 10 à 3 mmHg.


Nous avons conclu à une thrombose tardive de bioprothèse, secondaire avec la petite taille de la bioprothèse et la dysfonction auriculaire gauche.
Un nouveau contrôle d’ETO à 1 mois retrouvait une stabilité des lésions et du gradient.

Merci à Whiteshark pour sa réactivité, comme d’habitude, je serais ravis de connaitre votre avis sur ce cas, (l’auriez vous operée? arrêt ou maintient des antibiotiques? quel bilan morphologique?…)

En attendant, un peu d’auto-promotion avec cet ancien cas clinique qui prouve que le thrombus, comme l’endocardite (et les cons), ça ose tout!

Just another brick in the blog

Just another clot in the blog

A bientôt,
Philippe

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Liquidation avant fermeture

29 septembre 2017

Voici une ETO réalisée pour suspicion d’endocardite.
Il s’agit d’une bioprothèse mitrale implantée il y a 5 ans; le patient à présenté un OAP avec une prothèse obstructive, un épisode fébrile, des hémocultures négatives (une paire avant traitement antibiotique) et pas de syndrome inflammatoire biologique. Le rythme est sinusal et le traitement au moment de l’examen comprend de l’aspirine et des antibiotiques.

De-ID20170817161412832 from fish Nip echocardiographie on Vimeo.

De-ID20170817161520833 from fish Nip echocardiographie on Vimeo.

De-ID20170817161405495 from fish Nip echocardiographie on Vimeo.

De-ID20170817161654345 from fish Nip echocardiographie on Vimeo.

Face ventriculaire de la bioprothèse sur un zoom 3D :

3DQ2 from fish Nip echocardiographie on Vimeo.

Que dire de ces images, et que faire?

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Thrombus or not thrombus?

3 septembre 2017

Cardiopathie ischémique ancienne, séquelle d’infarctus antérieur, patient revascularisé avec un stent sur l’IVA.
Il y a discordance entre certains examens qui disent thrombus apical, d’autres non.
L’échogénicité, vous en vous doutez, est moyenne.
La sonde pédiatrique, de 8MHz, permet en general de mieux visualiser l’apex :

3cav s8 from fish Nip echocardiographie on Vimeo.

Pas trop de certitude jusque là me concernant, d’où l’utilisation de produit de contraste échographique :

L’IVA distale parait perméable dans le sens anterograde :

3cav contraste from fish Nip echocardiographie on Vimeo.

2cav contraste from fish Nip echocardiographie on Vimeo.

Mais l’utilisation du produit de contraste dans ces anévrismes apicaux n’est pas si simple. En effet, il est parfois difficile d’opacifier complétement l’apex, justement parce que la circulation y est très lente! Les bulles étant détruites plus rapidement à l’apex, on obtient ce petit tourbillon noir qui gêne la visualisation de l’apex. Cette difficulté d’opacification et d’homogénéisation du produit de contraste existe aussi en scanner, fréquent dans les auricules trop larges, mais aussi dans les anévrismes, pouvant faire conclure (parfois à tort) à des thromboses.

Deux questions :
1- thrombus ou pas?
2- comment regler la machine pour être plus « sûr » (avant le scanner et l’IRM…)

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Cahier de vacances (2)

31 juillet 2017

Merci à tous pour vos réponses sur ce quizz estival, qui posait la question de l’insoutenable légèreté de la valve mitrale, qui a décidé de travailler dans des horaires bien différentes de celles de la valve tricuspide.

Pour poursuivre une logique qui m’est accessible, je vous propose de poser la question à l’envers, pourquoi la mitrale normale s’ouvre normalement?

La mitrale s’ouvre car la pression du ventricule gauche devient plus faible que celle de l’OG et la relaxation ventriculaire gauche est synchrone et efficace (avec un temps de relaxation isovolumique court). (Plus d’information dans le cours du Dr Abassade, ici).

La systole atriale, déclenchée par l’onde p, se prolonge jusqu’au début du QRS, et se termine DANS le QRS :

Dans notre cas, le début de l’onde E est très tardif, ce qui peut s’expliquer par une élévation des pressions de la pression diastolique VG, par un asynchronisme intra-ventriculaire gauche, ou plus simplement parce que, mécaniquement, la mitrale est maintenue fermée par le jet d’insuffisance aortique sévère :
(notez comment le jet de régurgitation s’écrase sur la grande valve mitrale)

5cav 1.avi from fish Nip echocardiographie on Vimeo.

Or la systole atriale est ici très en avance, car il existe un BAV1 qui va « attirer » l’onde A vers la gauche, et la télescoper avec l’onde E. Ceci est identifiable sur le tracé doppler car l’onde E se termine AVANT le QRS.

Le temps de remplissage est donc retardé par l’élévation des pressions gauches et la fuite aortique sévère, (le rôle de la désynchronisation me parait modeste, les QRS restent d’ailleurs assez fins), mais la systole atriale est avancée par le BAV1.

Le temps d’ouverture mitrale est donc très court, et les deux ondes fusionnées, comme sur cette boucle acquise en ETO 3d :

3DQ from fish Nip echocardiographie on Vimeo.

A droite, tout se passe comme si de rien n’était. Cette situation est un exemple dans lequel le flux mitral n’a plus grand chose à voir avec les pressions de remplissage gauches, car d’autres déterminants entrent en ligne de compte.

En rythmologie, il y a les rois du pétrole, avec la stimulation, l’ablation, la cartographie…
En échographie, on a pas de pétrole, mais on à des idées…

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Cahier de vacances

24 juillet 2017

En plein cœur de l’été, un gros cœur:

4cav from fish Nip echocardiographie on Vimeo.

Sauras-tu, à l’aide de ces éléments Doppler, expliquer pourquoi le flux mitral et le flux tricuspide sont si différents?

Flux mitral :


Flux tricuspide :

ITV sous aortique :

Astuce : tu peux, pour t’aider, découper l’ITV sous aortique selon les pointillés, la photocopier et les relier entre elle pour faire une jolie guirlande dans ta chambre.

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Caramels, bonbons et chocolats

12 juillet 2017

Ils reviennent, et ils ne sont pas content du tout.

Rappelez vous PROMISE, article important mais incompréhensible paru dans le NEJM et comparant une stratégie « anatomique » (le coroscanner) versus une stratégie fonctionnelle (ECG d’effort, scintigraphie et écho de stress) de dépistage de la coronaropathie pour les patients se plaignant de douleurs thoraciques « stables ». A l’époque, pas de différence entre les deux stratégies, les radiologues se félicitaient de se faire une place au delà de l’éternelle valeur prédictive négative de leur test, et les cardiologues se réjouissaient de tenir bon face à ce nouveau voisin de console et ses images hallucinantes en 3D couleur.

Deux ans après, il reviennent avec cette analyse pré spécifiée du même essai PROMISE, sur la même population, mais sur un suivi un peu plus long, en moyenne de 26 mois.

Les 9000 patients ont été tirés au sort entre coroscanner et dépistage fonctionnel (en fait 67% de scintigraphies et seulement 10% de tests d’effort).

La première information est le nombre d’examen normaux : 78% pour l’imagerie fonctionnelle, versus seulement 33% pour le scanner coronaire. Il est important de noter ici qu’on ne sait absolument pas ce que le clinicien à fait de l’information « coroscanner anormal », en terme de revascularisation ou de traitement médical.

Toute l’astuce du papier consiste ensuite à séparer les tests en faiblement, modérément ou sévèrement anormaux. Le scanner coronaire garde un pouvoir discriminent entre le scanner normal, le faiblement anormal, et le modérément anormal, avec un taux d’événement (MACE) qui passe de 0.9 à 3%, puis 7%.

Le test d’imagerie, lui, à un taux d’événement de 0.9% quand il est normal, qui passe à 2.4 puis 5.9%, ce qui est plus faible.

Que le test soit anatomique ou fonctionnel, le taux d’événement est à 10% quand il est sévèrement anormal.

Et les auteurs de conclurent que le coroscanner est donc plus discriminent, car il détecte des coronariens avec des douleurs thoraciques (critère d’inclusion dans l’étude) et des sténoses à moins de 70%, chez qui le taux d’événement n’est plus si faible que ça.

Mais que faire de tout ces nouveaux coronariens qui s’ignorent, dépister par un coroscanner hypersensible? Faut-il prescrire satine/aspirine à tous ces patients? Pour passer de 2.4 à 3%?

Avec cette publication, PROMISE ne me déçoit pas, c’est décidément une très belle étude, dont les répercussions sur mon activité quotidienne me laissent toujours aussi perplexe, même avec 26 mois de suivi.

A dans deux ans?

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Strike!

30 juin 2017

Dans ce post, je vous proposais le cas d’une complication après pose de pacemaker.
Est-ce la canicule? les vacances qui approchent? Ou juste un blog un peu vieillissant qui perd de son intérêt?
Quoiqu’il en soit je n’ai pas reçu de proposition diagnostique.
Pourtant c’est un signe assez amusant appelé le « air gap sign » qui traduit la présence d’un pneumopéricarde.

20161217_101817_0014 from fish Nip echocardiographie on Vimeo.

Il s’agit d’un artefact avec cône d’ombre postérieur qui varie en fonction du cycle respiratoire, avec une visualisation parfois normale des structures cardiaques.

Après le scanner reste plus démonstratif…

Le pneumopericarde, le plus souvent iatrogène (PM, massage cardiaque externe…) est ici en rapport avec un déplacement de la sonde atriale chez un patient agité, qui va perforer non pas une (spare) mais deux enveloppes (strike!), et créer un pneumothorax et un pneumopericarde.

La sonde atriale n’étant plus dans l’oreillette, même avec un aimant transi, ne stimule plus que du vent, de l’air, bref, pas grand chose…

Un peu comme le blog, qui siffle dans le vent!

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Spare?!

23 juin 2017

Après la pose d’un Pacemaker, l’IDE appelle pour désaturation et douleur thoracique.
Voici deux bandes d’ECG recueillies au scope (avec aimant, parce-qu’en cardio, quand on aime, on ne compte pas), et une échographie par voie sous costale à la recherche d’un épanchement.

Qu’en pensez vous?

20161217_101817_0013 from fish Nip echocardiographie on Vimeo.

Aretfact sous costal from fish Nip echocardiographie on Vimeo.

artefact sous costal from fish Nip echocardiographie on Vimeo.

20161217_101817_0002 from fish Nip echocardiographie on Vimeo.

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Les parapluies

21 juin 2017

Ce dernier cas clinique était donc une CIA fenestrée, avec deux orifices contigus séparés par une bandelette fibreuse, auxquelles s’ajoutent un FOP ASIA.
Grâce à l’utilisation du 3d, une vue du SIA « en face » est obtenue, permettant une meilleur compréhension de l’anatomie du SIA.
J’avais déjà parlé dans ce post des principes du repérage en 3d sur le sia, qui est résumé dans cet article du JACC.

La zone (zoom 3d par exemple) doit être très large et inclure des structures anatomiques qui serviront de repères, comme l’aorte, la veine pulmonaire supérieure droite, et les veines caves. Vue de l’OG, la veine pulmonaire supérieure droite est placée en haut. En retournant le volume, on obtient la vue de l’OD, avec VCI en haut, VCS en bas, l’aorte en antérieur, et la paroi postérieure de l’og de l’autre coté. C’est cette vue qui permet d’apprécier les berges entre la CIA, les valves, les veines caves et le sinus coronaire, pour définir la faisabilité de la fermeture percutanée.

Ici, un cas clinique similaire. La discussion ne porte pas tellement sur sur la faisabilité de fermeture per cutanée versus chirurgie, mais plutôt sur le choix de la méthode percutanée : une ombrelle très large? Deux ombrelles plus petites? On parle même de déchirer le SIA au ballon pour positionner une ombrelle plus grande.
Dans notre cas, les berges ont l’air satisfaisantes (un peu courte sur la VCS) et on s’oriente effectivement vers une fermeture per cutanée.
Les veines pulmonaires n’ont pas été toutes vues (désolé Whiteshark, j’ai fait petit bras sur ce coup là!) et un scanner a été demandé de principe.

Voici donc ce qui pourrait être l’ETO de contrôle :

Je profite de ce post pour fêter un excellent anniversaire à ce blog, qui a 7 ans ce mois-ci. L’occasion pour moi de vous renouveler mes remerciements pour votre lecture et vos commentaires. Je remercie également les robots et les spams dont l’engouement pour le blog est irrépressible. Il n’est pas illogique que des robots se réapproprient la technique échographique, et sans l’aide de mon ami Simon, j’aurai depuis longtemps déposé les armes…

A bientôt,
Philippe

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FBI & CIA

10 juin 2017

Pendant que Donald limoge le directeur du FBI, la CIA ne se porte pas trop mal.
Voici une ETO, que je vous propose pour analyse : que se passe-t il donc?

De-ID20170608094502491 from fish Nip echocardiographie on Vimeo.

De-ID20170608094511460 from fish Nip echocardiographie on Vimeo.

De-ID20170608094508823 from fish Nip echocardiographie on Vimeo.

Dernière image en Xplan, l’écran de droite est une coupe orthogonale de l’écran de gauche qui passe par le plan du triangle bleu :

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