Posts Tagged ‘apical ballooning syndrome’

Same same but not different?

12 juin 2015

Dans ce cas clinique, la première echo à J1 est assez caractéristique d’un tako tsubo apical.
Ce qui est amusant (mais qui ne semble pas vous avoir amusé outre mesure cependant), c’est que sur l’échographie du lendemain, la cinétique apicale s’est normalisée (sandra l’a vu aussi!), et qu’il reste un akinésie franche des segments moyen qui réalise en « tako-tsubo inversé » ou « reverse tako-tsubo » en english. La coronarographie est une nouvelle fois normale.

Ce qui est encore plus amusant, c’est qu’en fouillant les archives de la médiathèque, j’ai retrouvé la première écho, du premier épisode de tako tsubo, qui était déjà une forme inversée! (j’utilise de la ponctuation pour faire partager mon enthousiasme). (J’en avais d’ailleurs déjà parlé là)

4cav from fish Nip echocardiographie on Vimeo.

On assiste donc, chez la même patiente, à un passage d’un tako « habituel » à un tako reverse, en 24 heures. Serait-ce donc les deux faces d’une même médaille?
A l’évidence, les échographies des Tako-Tsubo sont d’autant plus caricaturales qu’elles sont réalisées précocement, alors que l’ECG n’est pas d’interprétation aisée. En revanche, quand l’ECG devient très évocateur, l’aspect échographique est souvent « abâtardi ».
Figurez vous que ce cas clinique n’est pas unique en son genre, et qu’il ne faut pas fouiller pubmed longtemps pour trouver ça :

Tako-Tsubo and reverse Tako-Tsubo cardiomyopathy: temporal evolution of the same disease?
Sudipta Chattopadhyay , Joseph John
DOI: http://dx.doi.org/10.1093/eurheartj/ehp430 2837 First published online: 31 October 2009

L’atteinte de l’innervation sympathique serait plus sévère à l’apex, mais pourrait récupérer plus vite que les segments moyens, ce qui expliquerait nos cas cliniques très similaires.
Voilà, ce n’est pas bouleversant, mais c’est le printemps, et c’est déjà pas mal pour un post concocté entre le travail et les 98 fêtes de fin d’année.
A bientôt!

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Same same, but different

3 juin 2015

Incontournable locution d’Asie du sud est, « same same but different » est LA phrase qui permet de vendre à un touriste un montre sans aiguille, une excursion en minibus climatisé sans fenêtre, ou un T shirt extra-Small mais qui va certainement se détendre au lavage.
C’est un jeu des 7 différences, mais sans rien en commun.
Une patiente aux antécédent de tako-tsubo, nous revient pour douleur thoracique, modifications ECG et élévation de la troponine à moins de 10 pg/ml.
Voici la première écho à l’admission, (4 cavités apicale et 2 cavités) :

4cav1 from fish Nip echocardiographie on Vimeo.

2cav1 from fish Nip echocardiographie on Vimeo.

Puis l’échographie du lendemain, dans le même ordre :

4cav2 from fish Nip echocardiographie on Vimeo.

2cav2 from fish Nip echocardiographie on Vimeo.

Sauras tu trouver les différences?

Allez hop, j’en profite pour vous signaler que le blog à 5 ans ce mois ci, 440 inscrits et entre 2000 et 3000 visites par mois.
Je vous remercie pour tous les commentaires, les mots d’encouragement, et les silences (que j’espère) amicaux des plus timides.
A bientôt,
Philippe

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Le freinage ABS

1 octobre 2012

Vous avez tous reconnu le Tako Tsubo, autrement appelé ABS pour apical ballooning syndrome. La coronographie, réalisée sans urgence, est normale. Outre la présentation clinique très évocatrice (quoique l’ECG ne soit pas très parlant), le trouble de cinétique, épargnant toutes les zones basales ne correspond pas à une distribution coronaire, et l’atteinte VD (qui n’a pas échappée à l’oreille redoutable de Clément) rendent la maladie coronaire très improbable chez cette patiente présentant par ailleurs de nombreux facteurs de risque cardiovasculaire.

Deux éléments m’ont poussé à vous présenter ce cas.
Le premier est justement cette atteinte apicale du VD, qui est probablement sous estimée en échocardiographie, puisque les paramètres de fonction systolique VD (redondants et très insuffisants, répétons le!) s’intéressent à l’anneau tricuspide (TAPSE et onde S DTI). J’en ai déjà parlé là.

Le second élément est la visualisation très fréquemment possible de l’IVA moyenne et distale chez ces patientes, en partie d’ailleurs du fait de l’immobilisation de l’apex. La perte des mouvements apicaux rend le segment exploitable de l’IVA beaucoup plus grand, avec un appareil portable et des réglages standards, sans l’aide du produit de contraste. Ci dessous le flux couleur, et le flux Doppler correspondant, systolo-diastolique, avec une prédominance diastolique signant le flux coronaire :

Ne me faite pas dire ce que je n’ai pas dit : cela ne remplacera jamais la coronarographie. Mais, dans un cortège d’éléments suspects de Tako-Tsubo, ça peut renforcer une conviction.
Voilà-voilà, nana (comme en dit à Tahiti!)

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