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Take the B line

12 août 2016

Exit le A train d’Ellington, les caravanes, cet article de Mai 2016 est un plaidoyer pour la ligne B.
L’appréciation des pressions de remplissage gauches en échographie étant parfois si complexe que même les cardiologues se perdent dans des algorithmes obscures, le plus simple est encore d’évaluer l’eau intra-pulmonaire, toujours par échographie.

Techniquement, c’est très simple, ça marche avec n’importe quelle sonde entre 2.5 et 7 MHz, on explore le thorax sur 2 à 4 cm de profondeur à la recherche de ces fameuses « B lines » blanches allant de la sonde vers la profondeur (« comètes »). Plus il y en a, plus il y a d’œdème, le poumon normal étant noir.

La sensibilité et la spécificité pour un diagnostic de dyspnée « cardiogénique » aux urgences est respectivement de 94% et de 92%, la faisabilité est proche de 100%.
Ça ne vous rappelle pas une autre promesse?
Est-ce une nouvelle « BNP line »?

Il y a plusieurs éléments qui laissent penser que cet outil est intéressant.
En premier lieu bien sûr le prix et l’accessibilité de l’appareil qui est déjà dans toutes les urgences et toutes les USC.La formation de l’opérateur est très courte d’après les auteurs, et la reproductibilité est excellente.
Les ondes B, (comme les cardiologues), sont sensibles aux diurétiques et disparaissent en « temps réel », ce qui permet de suivre l’efficacité du traitement. Elles sont plus nombreuses en décubitus qu’en position proclive.

Dans les cas difficiles, ou il peut y avoir des lignes B non liées à de l’œdème interstitiel (la spécificité n’est quand même pas à 100%…), l’échographie cardiaque devient un complément d’examen appréciable, pour la FE, les pressions de remplissage gauches et la PAPs (sic…).

Encore plus fort, la détection d’eau pulmonaire serait accessible en échographie d’effort, lors de situation d’insuffisance cardiaque d’effort!

Cerise on top of the cake, avec les appareils portables, l’exploration de la dyspnée d’effort devient accessible en altitude extrême, sur le bateau après une plongée sous marine, bref partout et pratiquement par tous, après une formation brève.

L’échographie du globe vésical est déjà utilisée par les paramédicaux (et l’échographie cardiaque d’une cardiomyopathie dilatée avec FEVG à moins de 15% ressemble pas mal à l’écho de vessie…). Peut-on imaginer un « lung-scan » comme il existe déjà un « bladder-scan »?

Je serai curieux de savoir combien d’entre vous l’utilisent déjà?
Pour ma part, je sens que mes prochaines gardes seront aquatiques.

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