Posts Tagged ‘echographie de contraste’

Mechanical Man

8 septembre 2017

J’ai fait comme on a dit.
J’ai monté la focale, j’ai diminué la taille du secteur pour augmenter la cadence image, et j’ai diminué l’index mécanique.
Et c’est là que la magie opère. On opacifie mieux l’apex, il existe bien un thrombus plan, avec une zone ou l’on voit un plan de clivage très suspect, car ça ne peut plus être de la paroi myocardique.

4cav perf2 from fish Nip echocardiographie on Vimeo.

2cav perf from fish Nip echocardiographie on Vimeo.

Mais plus fun, on peut analyser la perfusion myocardique.
Au début de l’acquisition, les bulles sont visibles dans la partie irriguée du myocarde, c’est à dire les zones saines ou viables. On ne voit pas de contraste dans le septum apical ni dans l’apex, contrairement au septum basal par exemple, qui va servir de « référence ».
Puis on applique un flash, c’est dire un index mécanique très élevé, pendant une seconde, qui va suffire à détruire les bulles intra-myocardique. Le myocarde est donc tout noir, il ne reste qu’à apprécier la vitesse de perfusion, paroi par paroi.
Dans la vidéo ci-dessous, l’apex n’est jamais rehaussé, il n’y a donc pas de capillaire coronaire, l’épaisseur visualisé à l’apex est donc bien liée à la présence d’un thrombus.

flash from fish Nip echocardiographie on Vimeo.

Comparez la zone noir en echographie de perfusion et le réhaussement tardif en IRM, la nécrose septale et apicale est transmurale, le thrombus est bien visible :

Diminuer fortement l’index mécanique permet donc d’apprécier la perfusion myocardique, ce qui donne des renseignements supplémentaires à l’analyse de la cinétique. Sur cet examen de repos, on peut penser que l’IVA est perméable, mais que la nécrose est non viable du fait de l’absence de capillaires coronaires dans la paroi (qui est d’ailleurs très aminicie), et qu’il existe bien un thrombus.

Même si les conséquences thérapeutique sont discutables sur ce cas précis, l’analyse de la perfusion myocardique est assez simple, réalisable en USIC au lit du patient, et peut apporter des éléments précieux dans les infarctus à coronaires saines par exemple.

Je crois que je vais devenir un mechanical man.

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Have you ever been experienced?

8 juillet 2015

Dans ce cas clinique, Clément nous propose une image calcifiée intra murale, enchâssée dans le myocarde.
Je suis assez d’accord avec Whiteshark pour le diagnostic d’abcès caséeux de l’anneau mitral. La localisation n’est pas typique, surtout quant on regarde le scanner, mais l’anneau est très calcifié sur l’écho.

Les diagnostics différentiels seraient une calcification secondaire d’une masse d’une autre origine (tumeur, végétation, infarctus sous endocardique…)

La caractérisation tissulaire est loin d’être au point en échographie, elle est en tout cas très loin de l’IRM…

Pour des raisons qui sont encore un peu mystérieuses pour moi, j’ai été amené à lire sur les bases de l’IRM (cardiaque).
Je n’ai pas bien compris ce que j’ai lu, mais j’ai retenu qu’il s’agissait grosso-modo de l’interaction d’une onde de radiofréquence avec un champs magnétique.

Cette interaction est appelée « expérience ». La force de l’lRM cardiaque réside dans sa capacité à approcher la caractérisation tissulaire, en répétant ces « expériences » en modifiant des paramètres pour obtenir des séquences différentes. Schématiquement, en fonction de l’image obtenue dans chaque séquence, avant et après Gadolinium, on peut discerner l’œdème intra-myocardique, la fibrose, la graisse…

Pour schématiser un peu, le mécanisme d’action est à peu près similaire à l’interaction de Jimi Hendrix avec ses micros simples bobinages mis au point par Léo Fender pour sa Stratocaster :

Single coil string anim.gif
« Single coil string anim » par I, Dake. Sous licence CC BY-SA 3.0 via Wikimedia Commons.

Les industriels, plutôt que de travailler sur plusieurs sondes, de plusieurs fréquences, avec des logiciels de quantification du rehaussement après contraste, préfèrent jouer la carte markéting avec des trucs genre « one probe solution », la sonde qui fait tout (mais moins bien qu’avant). je m’étais déjà longuement expliqué dans cette page, dans laquelle le dernier cas clinique ressemble pas mal à celui de Clément.

Moi je préfère les expériences…

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Crevettes ou sous-marin?

20 janvier 2015

L’échographie cardiaque est un technique formidable.
Mais il faut bien reconnaitre que L’IRM aussi.
Une des supériorités incontestables de l’IRM sur l’échocardiographie (outre les problèmes d’échogénicités qui sont de plus en plus rares avec les machines actuelles et l’avènement du contraste échocardiographique) est la possibilité d’approcher la caractérisation tissulaire, à savoir identifier l’œdème, l’infiltration ou la fibrose. Cette caractérisation repose sur des séquences différentes (pondérée en T1 ou en T2, avec saturation de la graisse etc…) qui mettent en jeu les différences de réponse au champ magnétique en fonction de la densité de proton dans le tissus étudié, mais aussi le fameux réhaussement tardif après injection de Gadolinium, qui traduirait la présence de fibrose intra-myocardique. Les nouvelles séquences de T1 mapping semblent aussi très prometteuses pour la détection de la fibrose intra-myocardique.

En échographie, la caractérisation tissulaire relève encore un peu du fantasme.
Pourtant, l’échographie, produit dérivé des sous marins nucléaires de la guerre froide, permettait à l’époque de discerner assez précisément un banc de crevettes d’un autre navire.

A gauche, un banc de crevettes, à droite un sous marin, vu comme ça, ça parait assez claire :

 

 

 

 

 

 

 

 

Pas de problème, tous à l’IRM?
Pas si facile, la guerre froide en imagerie médicale n’est pas tout à fait finie 😉 …

Il y a cependant quelques bases simples qui permettent d’aborder la caractérisation tissulaire en écho.
La plus classique est la séquelle hyperéchogène ET amincie de l’infarctus du myocarde. On peut alors assez facilement parler de fibrose. Moins connue, mais assez fréquente, est la séquelle hyperechogène sous endocardique mais non amincie, qui peut correspondre à une dégénérescence graisseuse d’un infarctus ancien (au minimum plus de 3 ans, souvent beaucoup plus), car la graisse est hyperechogène, sans toutefois générer de cône d’ombre. J’en avais déjà parlé ici, avec une référence bibliographique de TDM.

La différence entre les deux n’est pas toujours aisée, c’est surtout l’épaisseur conservée de la paroi et la viabilité de la zone qui oriente vers la dégénérescence graisseuse.
Voici un exemple « typique » en ETO, coupe trans-gastrique, d’une métaplasie graisseuse d’un vieil infarctus inférieur, avec un épaisseur de paroi conservée et un trouble de cinétique de petite taille :

 

db from fish Nip echocardiographie on Vimeo.

 

Pour avancer un peu plus, il faudrait, comme en IRM, faire varier des paramètres pour étudier la différences de réponse des tissus. Une de ces variables et la fréquence d’émission.
Sur les vidéos ci dessous d’une amylose cardiaque, la surcharge myocardique apparait différemment, avec la sonde 8 Mhz qu’avec la sonde de 5Mhz.
Sonde « classique » de 5 mHz :

 

2cav from fish Nip echocardiographie on Vimeo.

Sonde de 8 mHz (pédiatrique) :

 

2cavS8 from fish Nip echocardiographie on Vimeo.

Dans cet autre exemple, la séquelle infero-latérale est déjà visible sur l’imagerie bidimensionnelle :

 

25521720141203–1-IM 0009-results from fish Nip echocardiographie on Vimeo.

Mais 5 min après l’injection du produit de contraste échographique, il existe un réhaussement de la zone sequellaire qui rappelle franchement les images de réhaussement tardifs obtenues en IRM.

25521720141203–1-IM 0044-results from fish Nip echocardiographie on Vimeo.

 

25521720141203–1-IM 0044-results from fish Nip echocardiographie on Vimeo.

Dans cette CMH, la correspondance entre le retard de « lavage » du Sonovue et du gadolinium est également étonnante.

 

 

IM 0382 from fish Nip echocardiographie on Vimeo.

 

 

 

 

 

Sur cette localisation atypique de tumeur caséeuse de l’anneau mitral, l’injection de produit de contraste permet de magnifier le cône d’ombre postérieur, ce qui permet de suspecter la nature calcique de la tumeur :

 

48541520140122–1-IM 0001-results from fish Nip echocardiographie on Vimeo.

 

48541520140122–1-IM 0017-results from fish Nip echocardiographie on Vimeo.

En conclusion, pour approcher la caractérisation tissulaire, et discerner les crevettes des sous-marins (l’avocat mayonnaise au sous marin étant assez indigeste), il faudrait peut-être utiliser plusieurs modes d’imagerie échographique, comme font les « imageurs en coupe » qui utilisent plusieurs séquences. Plusieurs fréquences d’émission, la réaction au produit de contraste, autant de pistes à explorer.
On peut alors déplorer que (pour des raisons économiques assez compréhensibles), les constructeurs soient plus tentés de développer une sonde-à-tout-faire (mal) que plusieurs sondes avec des indications et des performances différentes.

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Le Zepplin

23 décembre 2014

Je ne peux raisonnablement pas vous laisser passer les fêtes dans l’expectative.
La coupe trois cavités permet de déceler une courbure inhabituelle de l’OG qui semble refoulée par une masse postérieure, tout en gardant son activité contractile normale.
Il s’agit simplement d’une hernie hiatale, mais quand même d’une grosse hernie!

En élargissant les vignettes, on aperçoit la poche à air gastrique (d’où le titre du post) en arrière de l’aire ou se projette de l’oreillette gauche.
C’est donc un conte de fin d’année qui se termine bien, comme il se doit.

J’en profite pour vous souhaiter de bonnes fêtes, et j’espère vous retrouver surmotivés en Janvier 2015!
Une petite boule de Noël (celle d’une Starr aortique), un dernier Bowie et le tour est joué pour 2014 :

http://youtu.be/X5iOiLX5ppA

PS : J’avais évidemment prévu un petit Led Zep, mais il y a décidément trop de publicité sur Youtube de nos jours…

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Zepplin

18 décembre 2014

Une patiente au passé carcinologique se voit demander une échographie cardiaque pour surveillance de la fonction VG sous chimiothérapie.
L’oreillette gauche parait refoulée, et la patiente nous adressé pour éliminer une récidive du processus tumoral.
Voici donc l’ETT :
En Para-sternale grand axe :

psga from fish Nip echocardiographie on Vimeo.

et en sous costal :

sous costale from fish Nip echocardiographie on Vimeo.

Puis avec du sonovue :

contraste 4 cav from fish Nip echocardiographie on Vimeo.

contraste from fish Nip echocardiographie on Vimeo.

Qu’en pensez vous, et que proposer comme examen(s) complémentaire(s)?

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Just another clot in the blog

1 septembre 2014

L’avantage du Télécran sur Google, Facebook et autre Twitter, c’est qu’on peut facilement effacer une image dérangeante, par une simple secousse.

C’est ce que nous avons fait au cas clinique du mois d’Aout, cette boule découverte à l’occasion d’un bilan d’AVC.
L’anapath n’a pas eu lieu, la chirurgie proposée a été refusée.
Cependant, quelques éléments nous ont orienté vers la thrombose. La FA bien-sûr, la dysfonction longitudinale du VG, la présence du thrombus dans l’artère pulmonaire, et une thrombocytémie (secondaire au syndrome inflammatoire ou primitive?). Un pet-scan a été réalisé, ne montrant aucune fixation. Les veines pulmonaires sont libres, l’implantation n’est pas typiquement celle d’un myxome. N’écoutant que notre courage, et n’ayant surtout aucune autre alternative, nous avons instauré un traitement anti-coagulant.

Les images suivantes ont été réalisées sans trucage.
Voici l’Artère Pulmonaire avant :

et après traitement :

Et la masse, avant :

et après :

Il s’agissait donc bien d’un thrombus.
Le « thrombus mimant un myxome » n’est en fait pas si rare que cela, en voilà un ici très ressemblant au notre (et en accès gratuit) et un autre là.
Avec les bons mots clefs (« left atrial mass: thrombus mimicking myxoma »), pubmed se montre même très loquace (qui a copier le titre du case-report de son camarde?).

Les discussions des deux articles sont intéressantes, et il est probable qu’en présence d’une FA valvulaire, avec une OG dilatée et du contraste spontané, l’hypothèse du thrombus ne doivent pas trop vite être écartée, même si l’aspect échographique est très inhabituel.
Pour terminer, je rejoins Clément et Nicolas, c’est toujours plus facile avec l’anapath!

Voici dans l’ordre le thrombus, un myxome et une tumeur pulmonaire avec invasion de l’OG par la veine pulmonaire supérieure gauche.

Le thrombus :

Nouveau projet from fish Nip echocardiographie on Vimeo.

Le myxome :

MYXOME from fish Nip echocardiographie on Vimeo.

La tumeur maligne :

ADENOk og from fish Nip echocardiographie on Vimeo.

Et ben c’est pas facile…

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Just another brick in the blog

10 août 2014

C’était un mois d’aout, mais avec de la pluie dedans.
Une ETT retrouve (une fois n’est pas coutume…) une cause probable à un AVC ischémique, chez ce patient en FA permanente (non connue jusqu’alors, et de ce fait non anti-coagulée).

La vidéo suivante montre successivement (à l’aide d’un habile montage semi-professionnel) l’ETT, l’épreuve de contraste, l’ETT 2d et une acquisition 3D.

Votre mission, si vous l’acceptez, et de décrire la zone d’implantation de la masse et de vous risquer à avancer un diagnostic (tout est tentable, et personne ne regarde, c’est le mois d’Aout…).
Quelle conduite à tenir et/ou examens complémentaires?

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Conciliabule

1 décembre 2013

Pour clore mon histoire de bulle, les bulles reviennent à l’oreillette gauche en moins de trois systoles, cette fois par la veine pulmonaire gauche, ce qui signe un shunt intra pulmonaire. Il n’y plus de shunt significatif au travers de l’ombrelle.
Je ne peux hélas vous donner l’étiologie de ce shunt intra-pulmonaire, qui participe au syndrome de platypnée-orthodéoxie.
Les coupes parenchymateuses du scanner sont peu informatives, et le patient est sortit rapidement.
Cependant en regardant de plus près la première séquence avant fermeture du FOP, on pouvait déjà supposer le double shunt :

– Sur le premier panneau, le shunt vient clairement de la fosse ovale,
– sur le second l’oreillette se vide,
– sur le troisième, le reflux vient de la veine pulmonaire gauche,
– et sur la quatrième, l’oreillette est pleine de bulles.

C’en est fini de cette histoire effervescente, merci pour vos commentaires, et si la fosse ovale ne l’est plus, la discussion reste ouverte!

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Coincée, la bulle?

23 novembre 2013

Le cas clinique précédent est bien un syndrome de platypnée-orthodéoxie. Bravo à Clément (quelle rapidité!), Rémy et Samia!
Vous trouverez ici toutes les explications (Jean-Christophe Eicher, G. Bertaux, J.E.Wolf EchoCardiographie n°27 – Août/Septembre 2011), et là un bel exemple sur une dilatation anévrismale de l’aorte comprimant l’oreillette droite, exactement comme dans notre cas clinique.

Pour synthétiser, il s’agit d’un shunt vrai, (dans le sens droit-gauche), survenant en positon debout et diminuant en position allongée, en dehors d’une hypertension artérielle pulmonaire. Le diagnostic repose sur la saturation, ou la gazométrie dans ces deux positions, après avoir établi le diagnostic de shunt vrai (incapacité à normaliser la Po2 en 100% de Fio2). Le siège du shunt est le plus souvent la fosse ovale, mais peut également être un shunt intra pulmonaire.

Les facteurs concourant à cette situation sont multiples :
– « désaxation » du cœur avec élévation de la pression dans l’oreillette droite qui devient supérieure à celle de l’oreillette gauche (ici par compression par l’anévrisme de l’aorte initiale mais d’autre étiologie sont possible, comme la péricardite chronique constrictive)
– FOP (ou fistule, shunt intra-pulmonaire, cirrhose etc…)
– direction du flux de la VCI, souvent orienté vers le FOP-ASIA par une valvule d’Eustachi ou par un réseau de Chiari…

Le diagnostic échographique est une étape importante, il repose sur un test de bulle (sérum salé agité), idéalement avec une injection par une voie veineuse d’un membre inférieur, pour emprunter le trajet de la VCI. Précisons que pour retenir le diagnostic, le shunt doit habituellement être massif.
L’ETO permet de s’assurer que le shunt siège bien au niveau de la fosse ovale.

Le traitement repose sur la fermeture de la fosse ovale par voie percutanée, ce qui à donc été fait chez notre patient.
Il va mieux, ne ressent plus le besoin d’oxygène, et repasse par la case écho juste avant son départ :

Que pensez vous du résultat???

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Coincer la bulle

19 novembre 2013

Un homme est alité depuis plusieurs semaines : chirurgie, réanimation… puis l’on assiste à une récupération progressive.
Cependant le patient reste très oxygéno-dépendant. Compte-tenu des semaines difficiles qui viennent de s’écouler, un angioscanner pulmonaire est réalisé : pas d’embolie pulmonaire, pas de foyer de pneumopathie, pas de surcharge, pas d’épanchement.
A la gazométrie, un shunt manifeste, avec sous masque à haute concentration à 15 l/min une PO2 qui peine à dépasser les 70 mmHg.
Voici un image de scanner en reconstruction coronale et une échographie de contraste avec du serum salé agité. La qualité de ces deux examens n’est pas optimale, mais c’est « la vraie vie’, n’est-ce pas?

Quel est votre diagnostic et quel traitement proposez vous?

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