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L’ischémie silencieuse… (2)

Mardi, décembre 4th, 2012

Le patient du cas pré­cé­dent a donc été envoyé en coro­na­ro­gra­phie, sur les don­nées de l’échographie dobu­ta­mine posi­tive cli­ni­que­ment, élec­tri­que­ment et en écho­gra­phie.
Les vidéos sont de mau­vaise qua­lité, je m’en suis déjà excusé, mais l’examen reste très sus­pect en late­ral (bravo Odile et Mathieu!).
Cette paroi laté­rale est mal visua­li­sée dès les faibles doses, (ce qui à fait dire à Clé­ment qu’elle n’était pas ana­ly­sable, ce qui me parait sage). Du fait de la moins bonne réso­lu­tion laté­rale de sondes d’echo, il s’agit d’un pro­blème assez fré­quent. L’inspiration per­met par­fois de mieux déga­ger cette paroi. L’hyperkinésie des faibles doses suf­fit par­fois à rame­ner le bord endo­car­dique au centre du fais­ceau ultra­so­nore, on peut alors pour­suivre l’examen.
Le pro­blème ici, c’est qu’aucune de ces petites astuces n’a fonc­tionné…
Il res­tait donc deux solutions:

–Le pro­duit de contraste était une option, avec une indi­ca­tion vali­dée puisque deux seg­ments adja­cents étaient mal déga­gés. L’utilisation du contraste per­met de mieux ana­ly­ser l’épaississement radial du myo­carde vers le centre de la cavité, en inver­sant le code cou­leur (le myo­carde devient noir, la colonne de sang intra-VG est blanche). On s’intéresse alors à la défor­ma­tion du volume san­guin par la paroi, ce qui est plus par­lant que l’appréciation sub­jec­tive de la quan­tité de dépla­ce­ment radiale de la paroi (blanche en écho stan­dard) dans le vide (sang, noir en écho stan­dard).
J’illustre cette théo­rie fumeuse par l’image de la baffe. Pour se rendre compte de la vio­lence d’une bonne gifle, il est plus facile de regar­der l’empreinte lais­ser sur la joue, que le même geste donné dans le vide (atten­tion, ne pas essayer d’appliquer cette théo­rie chez vous) :

–La seconde solu­tion est pro­po­sée ici par les Drs Chau­vel et Aber­gel, qui ont débuté l’échographie de stress pen­dant que je jouait au Légo en écou­tant “le mambo du décalco” de Richard Gotai­ner.
Cet article étu­die la fai­sa­bi­lité et la valeur diag­nos­tique d’un nou­veau signe en écho­gra­phie de stress, par­ti­cu­liè­re­ment dans le diag­nos­tic des isché­mie laté­rale, le RA-HA.
(Je vous laisse une petit pause pour chan­ter Alexan­drie Alexan­dra. Voilà. C’est bon? On continue?)

Le RA HA (ou Alpha en fran­çais) veut dire “Rise of the api­cal late­ral wall” et /ou “Hori­zon­tal depla­ce­ment of the Apex”.
En cas d’ischémie (laté­rale en par­ti­cu­lier), la paroi laté­rale semble s’élever vers la ponte, et l’apex est dévié vers le sep­tum (à droite de l’écran) car il est attiré par un sep­tum hyper­ki­né­tique et repoussé par la paroi laté­rale qui ne l’est pas. Ce signe est repro­duc­tible et aug­mente la sen­si­bi­lité de la détec­tion des lésion du réseau Cx mar­gi­nal, même en cas d’échogénicité moyenne.

Revoyons l’action au ralenti, de l’apicale 4 cavi­tés de base :

base 4 from fish Nip echo­car­dio­gra­phie on Vimeo.

et au pic :

pic 4 acv from fish Nip echo­car­dio­gra­phie on Vimeo.

Il y a bien un dévia­tion vers la droite de l’apex, un RA-HA, qui reste inter­pre­table, même si l’échogénicité est moyenne. C’est sur tous ces élé­ments que la coro­na­ro­gra­phie à été déci­dée. il y a bien une sté­nose sub-occlusive de la circonflexe :

Voilà, une petite astuce pour l’interprétation d’un exa­men qui n’est pas tou­jours tou­jours très facile à inter­pré­ter. Puisqu’il est désor­mais tra­di­tion­nel d’illustrer mes billets par une vidéo musi­cale, (et que je ne vous ferait pas l’affront de vous pas­ser Clo­clo), voici donc une autre de mes idoles, (juste après Hendrix) :

Ps : J’ai hésité avec “the RA-HAize and fall of Ziggy Star­dust”, mais je me la garde pour une autre fois…
A bientôt!

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L’ischémie silencieuse ne le reste jamais très longtemps…

Vendredi, novembre 30th, 2012

Conti­nuons à avan­cer dans le brouillard.
Je ne vous ai pas sou­vent mon­tré d’échographie de stress.
Il y a plu­sieurs rai­sons à cela : l’interprétation “à froid”, quand on n’a pas réa­lisé soi-même l’examen, est dif­fi­cile (même quand on a réa­lisé l’examen d’ailleurs!). La com­pres­sion des boucles néces­saire pour être dif­fu­sées sur inter­net est telle que les images obte­nues sont plus proches d’un hap­pe­ning d’art contem­po­rain que d’un test d’ischémie myo­car­dique.
Tou­te­fois, compte tenu de la grande qua­lité de mon audi­toire, je retente le coup.

Il s’agit donc d’un test de dépis­tage d’ischémie silen­cieuse chez un patient asymp­to­ma­tique, dia­bé­tique de longue date, avec un test d’effort cli­ni­que­ment néga­tif mais élec­tri­que­ment liti­gieux.
C’est une écho­gra­phie dobu­ta­mine. Les mails de la comp­ta­bi­lité ayant une influence sub­li­mi­nale sur mes choix, je me suis senti, en dépit d’une visua­li­sa­tion moyenne de l’endocarde, de réa­li­ser cet exa­men sans pro­duit de contraste, tablant sur une amé­lio­ra­tion de la qua­lité d’image au pic (erreur…).

Voici donc l’examen de repos :
Base 4 cavités :

base 4 from fish Nip echo­car­dio­gra­phie on Vimeo.

Base petit axe :

base PA from fish Nip echo­car­dio­gra­phie on Vimeo.

Pic 4 cavités :

pic 4 acv from fish Nip echo­car­dio­gra­phie on Vimeo.

Pic petit axe :

pic PA from fish Nip echo­car­dio­gra­phie on Vimeo.

Récup 4 cavités :

recup from fish Nip echo­car­dio­gra­phie on Vimeo.

Récup petit axe :

recup PA from fish Nip echo­car­dio­gra­phie on Vimeo.

ATTENTION :
– regar­der ces vidéos en boucle peut cau­ser des dom­mages céré­braux irré­ver­sibles.
– La sti­mu­la­tion lumi­neuse inter­mit­tente peut déclen­cher l’épilepsie.
– Arrê­ter une vidéo avant de regar­der l’autre peut aider à une meilleure qua­lité d’image.
– Pre­nez garde à l’ouverture des coffres à bagages (risque de chute d’objet).
– Ces vidéos contiennent des petits élé­ments qui peuvent être ingérés.

La ques­tion, comme tou­jours, est : “qu’en pen­sez vous ?“
Je pré­cise que l’examen à déclen­ché une dou­leur angi­neuse, (l’ischémie silen­cieuse ne le reste jamais très long­temps…), et un sous déca­lage liti­gieux du ST.
C’est à vous!

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