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L’arrêt du plombier

19 juin 2016

On compare souvent la cardiologie et la plomberie, j’utilise moi même assez souvent ces images. Cependant, il est rare en plomberie qu’une fuite s’arrête d’elle même, sans l’intervention du plombier.

Ces deux fuites tricuspides ont le point commun de s’arrêter en mésosystole, avec une encoche et une forme très particulière.

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Si la fuite s’arrête, alors que le VD continuer de se contracter, c’est que la pression de l’oreillette droite est « ventricularisée », et devient probablement supérieure à la pression ventriculaire droite. Il faut donc une POD très élevée, comme dans la PCC ou l’IT massive. Il y aurait donc un arrêt du remplissage durant la diastole comme en témoigne l’adiastolie sur le flux d’IP, et un arrêt dans le fuite en systole comme en témoigne cette « asystolie » sur le flux d’IT.

Je n’ai pas réussi à trouver des articles décrivant cette forme d’insuffisance tricuspide, tout au plus des vieux articles d’hémodynamique, souvent dans des textbook, qui parlent de « ventricularisation of the right atrial pressure curve ».

Comme nous l’évoquions avec Mr Doudou et Me Whiteshark, ce ne sont que des hypothèses. Je serais ravi d’avoir les vôtres!

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Re : Constriction ou restriction?

2 septembre 2010

Je pense qu’il s’agir d’une cardiopathie restrictive (CMR). Mais, comme le souligne Fred, il y a des arguments dans les deux camps. Quand on entre « constricitve pericarditis AND restrictive cardiomyopathy » on trouve 217 articles, dont 63 revues de litterature… La discussion est donc loin d’être close, ce d’autant que les deux peuvent co-exister, comme dans les 4 cas décrits dans cet article:
Reduced Right Ventricular Systolic Function in Constrictive Pericarditis Indicates Myocardial Involvement and Persistent Right Ventricular Dysfunction and Symptoms After Pericardiectomy (Mohamed Homsi, MD, Jothiharan Mahenthiran, MD, Dev Vaz, MD, and Stephen G. Sawada, MD, Indianapolis, Indiana, JASE 2007)

Pour la péricardite constrictive :
– Il y a bien un épanchement péricardique chronique, qui pré-existait, circonférentiel et non negligeable
– Le flux mitral est bien restrictif, (mais ne varie pas avec la respiration)
– L’HTAP peut-être pré-existante, sur la bronchopathie chronique,
– L’interaction VD-VG est nette, avec un VD qui « pousse » le VG en inspiration,, mais sans encoche meso-diastolique permanente comme dans les péricardites chroniques constrictives (PCC) « pures » :
Sur cet exemple d’un patient présentant une PCC post tuberculeuse, l’aspect vibratile du septum en mode TM est très assez caractéristique :

Pour la cardiomyopathie restrictive :
– Tous les arguments concordent pour indiquer que les pressions de remplissage gauches sont élevées,
– Les cavités sont dilatées,
– Les variations respiratoires des flux droits sont expliqués par la dysfonction VD profonde, (elle même cause ou conséquence du flutter?). Les variations respiratoires de la PCC portent essentiellement les flux mitraux et aortiques.
– le Fux Doppler pulsé dans les veines sus-hépatiques suggère une POD élevée et une IT importante, sans aspect en W de la PCC.
Flux Doppler dans les VSH avec une aspect en W chez ce patient avec la PCC tuberculeuse:

Enfin l’évolution : le scanner du péricarde retrouve un épanchement liquidien, sans calcifications ni épaississement des feuillets. Après mise sous dobutamine et diurétiques, l’état du patient va lentement s’améliorer avec une normalisation du bilan rénal et hépatique, ainsi que de la taille des cavités droites. La fuite tricuspide, grade 2/4 après déplétion, autorise le calcul de la PAPs qui est à 28 mmHg le jour de la sortie. Reste l’épanchement péricardique, dont le volume varie avec la volémie, et que l’on peut peut-être rapprocher de l’insuffisance cardiaque droite?
La distinction des deux états est donc difficile mais importante, car la mortalité des CMR en chirurgie, même dans les formes mixtes avec PCC, est rédhibitoire.

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