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Tommy can you hear me?

5 février 2012

En l’absence de tout forme de réponse à mon dernier cas clinique, j’ai deux hypothèses à considérer :
1- les images sont assez mauvaises, et les coupes un peu tordues, bref, on ne voit objectivement pas grand chose… Vous avez l’extrême délicatesse de ne pas me le faire remarquer, et je vous en remercie.

2- Tout le monde s’en fout. C’est une possibilité qu’il faut envisager en toute lucidité, et qui n’exclue d’ailleurs pas la première. Notez que cela ne me décourage pas, bien au contraire.

Il s’agit donc d’un dépôt graisseux dans le sinus de Theile. Cet espace, bien connu des chirurgiens qui y font passer leurs pontages mammaires droit pour aller trouver la face lateral du VG, est situé entre l’aorte et l’artère pulmonaire, au dessus de l’oreillette gauche. Ce dépôt graisseux peux donc mimer à merveille un thrombus de l’OG, si on passe un peu vite et que le contexte s’y prête.

Sur l’acquisition 3D, on a en premier plan l’auricule gauche, dilaté, mais totalement vide de thrombus :

En « rognant » l’image de l’auricule avec un plan sagital, on arrive (juste derrière l’auricule), sur ce fameux sinus de Theile :

Le sinus de Theile n’est pas le seul recessus péricardique. Il en existe un autre entre les veines pulmonaires, ou l’épanchement est rare, mais possible, comme sur ces images :

En echo, coupe apicale des 4 cavités, avec un lame d’épanchement retro OG :

Le même cas en scanner (sans gating), la lame d’épanchement est bien visible derrière l’oreillette gauche, entre les veines pulmonaires droites et gauches :

Pour finir sur cette allusion aux Who, je vous livre le seul commentaire (mais quel commentaire!) que ce cas est suscité :

« Who are you » est un single des Who paru en 1978, issu de l’album du même nom.
Les paroles signées Pete Townshend, comme d’hab, font référence à sa rencontre au fond d’un bar de Londres (c’était avant l’aire d’Internet et de ses sites pédophiles…) avec 2-3 membres des Sex Pistols un soir où il était tellement bourré qu’il ne les a pas reconnus…L’histoire ne dit pas si il leur a vomi sur les pompes…
Le même Pete a composé quelques années plus tôt (1969 je crois), un opéra rock « Tommy » dans lequel figurait un morceau mythique: « Pinball Wizard » ou le magicien du flipper… et la boucle (si j’ose dire) est bouclée…
Ça vaut toujours mieux que de citer l’immense Corinne Charby (avec ou sans T): « et j’me sens comme une boule de flipper qui roule… »
Merci Manu.
On devrait peut-être coupler ce blog d’écho avec un blog d’histoire du rock…

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