Posts Tagged ‘sinus venosus’

Don’t Don’t Don’t! (believe the hype)

29 décembre 2017

Non décidément, il ne faut pas croire la rumeur.
Mon second patient a donc un volume d’éjection systolique indexé calculé à 30 ml/m², et même si le volume calculé par méthode Doppler n’est pas parfaitement concordant, la cavité VG parait de petit taille, ce qui pourrait expliquer un gradient paradoxalement pas très élevé.

Nous avons donc organisé un bilan pré-tavi, avec un scanner injecté.

Comme vous pouvez le voir, il existe une CIA de type sinus venosus (bien jouer Dr GDV ;)), avec un retour pulmonaire droit anormal, dans la VCI, en regard de la CIA. Cette CIA explique la dilatation des cavités droites, l’HTAP, et l’applatissement systolo-diastolique du SIV.

De retour à l’écho, avec le scanner dans l’œil (ça fait un peu mal, mais bon…), la CIA parait évidente, comme par exemple sur cette coupe parasternale haute :

PShaute from fish Nip echocardiographie on Vimeo.

Ou bien sur cette coupe sous costale, ou l’on enregistre un flux veineux pulmonaire dans l’oreillette droite…

Comme morale de ces deux fables, je retiens que la cardiopathie congénitale découverte à plus de 80 ans existe, et qu’il est nécessaire de garder un œil neuf (par exemple celui dans lequel on ne s’est pas fourré le scanner), en faisant fi des antécédents incertains.

Je m’en suis un peu voulu d’avoir « raté » cette CIA, tout absorbé que j’étais par l’idée de prouver que le RAC était serré, et j’ai même laissé transparaître ma colère sur le mobilier de mon bureau…

Promis en 2018, je serais plus vigilent (et plus calme aussi).
Bonnes fêtes à tous, et à l’année prochaine!

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Fenêtre sur cour

2 décembre 2011

L’échographie cardiaque trans-thoracique de l’adulte, (contrairement à celle de l’enfant, à l’ETO, ou même à l’échographie abdominale) est tributaire de fenêtres acoustiques. Cette limite, liée à la présence malencontreuse de cotes autour du thorax, est progressivement devenue une des forces de l’ETT, qui s’est standardisée en différentes vues, autorisant des mesures (plus ou moins) reproductibles.
(Ce principe de la fenêtre qui s’ouvre pour délivrer l’information n’est d’ailleurs pas sans rappeler le système « Windows », lui même mis au point les équipes de M Gates, ce qui comme chacun sait, peut signifier « portes », d’où la fameuse expression : « la porte ouverte à toute les fenêtres »).

Il existe donc plusieurs fenêtre possible en ETT, certaines bien connues, d’autres plus rarement utilisées, comme poser le capteur dans le dos lorsqu’il y a un volumineux épanchement pleural gauche… (bon, c’est quand même rarement utile…)

La para-sternale droite est utilisable dès lors que l’oreillette droite (ou l’aorte ascendante) est dilatée. Elle prend donc une valeur toute particulière lorsqu’il s’agit de chercher des CIA qui ne serait pas détectées sur les coupes habituelles, des anomalies de l’OD ou des végétations sur KT, PM etc…

En voici quelques exemples :
Un thrombus de l’OD sur une vielle cardiopathie hypertensive en FA, avec une sonde de pace-maker et des vrais morceaux de fruits dedans :

Ce patient qui présente une dilatation des cavités droites et une HTAP, sans CIA décelée dans les coupes standard :

La parasternale droite met en évidence une CIA type sinus venosus, avec une retour veineux pulmonaire anormal (sur l’écran de gauche : OD en haut, OG en bas, aorte à droite, defect du SIA très haut situé, et à droite le flux de la veine pulmonaire supérieure droite qui s’abouche à cheval sur la CIA) :

Un dernier exemple pour la route : un ASIA avec FOP, une petite HTAP, pas de CIA évidente. Et pourtant il ya bien une petite CIA en position ostium secundum :

Les veines pulmonaires droites arrivent bien dans l’OG cette fois (deux flux rouges en bas à droite, celui de gauche provient de la VCI):



Cet article majeur
ne vous aura pas échappé, les auteurs décrivent deux cas où cette incidence leur a été utile. Il est question d’une adaptation du scénario au cinéma.

Bref, c’est pas un scoop, mais ça peut-être utile!

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