Posts Tagged ‘stethoscope ultrasonore’

Allez hop François, hélicopter!

31 janvier 2016

Pas une semaine sans qu’un article de journal, de blog, un tweet, ne vienne pronostiquer la mort du stéthoscope suite à l’avènement des échographes ultraportables.
Dans le JACC de Janvier 2016, Valentin Fuster répond aux oiseaux de mauvais augure avec un éditorial citant plusieurs situations cliniques dans lesquelles le stéthoscope reste à ce jour irremplaçable : le frottement péricardique, l’insuffisance aortique, l’éclat du B2 au foyer pulmonaire etc…

Cette mise au placard du stétho me parait aussi pertinente que de prédire que l’avènement de hélicoptère remplacera le vélo.
François, le postier de Jacques Tati dans « jours de fête », fort impressionné par les progrès des facteurs américains, se prend à rêver de livrer le courrier en hélico.
Pourtant le vélo, comme le stétho, ont un avantage majeur sur leurs concurrents : la simplicité.
Pas de pile, pas de batterie, pas de login, pas de mot de passe, pas de bug, pas de réseau, pas de cloud.

Certes, les échographes ont de plus en plus d’intelligence artificielle embarquée, mais dans le stétho, l’intelligence est embarquée entre les deux embouts auriculaires, (et elle fonctionne encore un peu, n’en déplaise à certains constructeurs).

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Qu’est ce qu’un échographe?

13 décembre 2010

« What is an Echo machine? », c’est la question posée par le Dr Kimura, dans le numéro 12 du JASE. Non pas qu’il ne connaisse pas la réponse (à voire sa liste de publication, cela parait assez improbable), mais l’arrivée sur le marché d’appareils d’échographie ultra-portables, vendus par les constructeurs comme des « stéthoscopes ultrasonores » va nécessairement bousculer le microcosme de la cardiologie non invasive.

La première interrogation, (comme souvent aux US), est d’ordre financière. Le coût de ces échographes est entre 10 000 et 50 000 dollars, ce qui est très en dessous des prix des échographes portables actuels. Leur diffusion risque donc d’être assez rapide, et pourrait généraliser un concept peu connu des américains, celui de « l’échoscopie ». Ce « petit coup d’œil » échographique est très peu répandu (moins de 2% des ETT aux USA)  puisque les échos sont réalisées par des techniciens, souvent avec une demande très succincte du clinicien. Il n’y a donc pas de modalité de remboursement de l’échoscopie, et l’impact financier de cette pratique reste à définir, pour les praticiens comme pour les caisses d’assurance maladie.

Mais la question la plus intéressante reste « qu’attendons nous réellement d’une échographie cardiaque? ». Ces appareils constituent une évolution majeure (« a disruptive technologie »), que l’auteur compare aux appareils photos numériques embarqués sur les téléphones portables. Pas de branchement, allumage immédiat, l’information est disponible partout (cabinet de consultation, SAMU, urgences, réanimations…). Cependant cette information est très, très, inférieure à la somme des informations obtenues par un échographe portable usuel:  seule l’échographie bidimensionnelle et Doppler couleur est disponible à ce jour.

La « bonne utilisation » de ces appareils (maintenant qu’ils sont là, ils faut bien les utiliser!) serait donc le cadre de l’urgence, qui met en valeur l’immédiateté de la réponse, à une question nécessairement simple : épanchement péricardique, épanchement pleural, aorte abdominale etc…
Les « ultra portables » doivent donc devenir des « assistants ultrasonores » à l’examen clinique, et non des échographes destinés à remplacer l’examen habituel, au risque de perdre la qualité d’une échographie cardiaque, telle qu’elle est réalisée actuellement.

L’auteur conclue par cette métaphore : si nous utilisons tous l’appareil photo de notre téléphone, nous n’engagerions pas un photographe professionnel qui ferait de même…

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