Posts Tagged ‘thrombus’

Nowhere to hyde

11 septembre 2015

Ce n’est pas toujours facile, quand on est un gros thrombus, de se cacher dans un 4 pièce.
On peut se faire attraper dans l’oreillette droite, en parasternale petit axe (La « zone d’attache » du thrombus dans l’oreillette droite n’est pas évidente, mais il ne semble pas y avoir de thrombus en transit à travers la fosse ovale) :

PSPA from fish Nip echocardiographie on Vimeo.

Ou en sous costale :

sous costale from fish Nip echocardiographie on Vimeo.

En parasternal droite :

PSD from fish Nip echocardiographie on Vimeo.

Et même dans le couloir (de l’artère pulmonaire droite) :

APD2 from fish Nip echocardiographie on Vimeo.

Pour les incrédules, voici également un beau signe de McConnell sous bêtabloquant, le ralenti permettant d’apprécier mieux l’hyperkinésie apicale du VD :

McConnell from fish Nip echocardiographie on Vimeo.

L’hémodynamique s’est rapidement altérée et la patiente a bénéficié d’une fibrinolyse IV, avec une nette amélioration clinique, et une évolution simple par la suite. Le scanner thoraco abdomino pelvien (fort discutable, et d’ailleurs fort bien discuté dans cet article et sa vidéo du NEJM) ne retrouvera rien d’autre que ce thrombus résiduel dans l’artère pulmonaire droite.

Bonne rentrée à tous,
A bientôt!

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Just another clot in the blog

1 septembre 2014

L’avantage du Télécran sur Google, Facebook et autre Twitter, c’est qu’on peut facilement effacer une image dérangeante, par une simple secousse.

C’est ce que nous avons fait au cas clinique du mois d’Aout, cette boule découverte à l’occasion d’un bilan d’AVC.
L’anapath n’a pas eu lieu, la chirurgie proposée a été refusée.
Cependant, quelques éléments nous ont orienté vers la thrombose. La FA bien-sûr, la dysfonction longitudinale du VG, la présence du thrombus dans l’artère pulmonaire, et une thrombocytémie (secondaire au syndrome inflammatoire ou primitive?). Un pet-scan a été réalisé, ne montrant aucune fixation. Les veines pulmonaires sont libres, l’implantation n’est pas typiquement celle d’un myxome. N’écoutant que notre courage, et n’ayant surtout aucune autre alternative, nous avons instauré un traitement anti-coagulant.

Les images suivantes ont été réalisées sans trucage.
Voici l’Artère Pulmonaire avant :

et après traitement :

Et la masse, avant :

et après :

Il s’agissait donc bien d’un thrombus.
Le « thrombus mimant un myxome » n’est en fait pas si rare que cela, en voilà un ici très ressemblant au notre (et en accès gratuit) et un autre là.
Avec les bons mots clefs (« left atrial mass: thrombus mimicking myxoma »), pubmed se montre même très loquace (qui a copier le titre du case-report de son camarde?).

Les discussions des deux articles sont intéressantes, et il est probable qu’en présence d’une FA valvulaire, avec une OG dilatée et du contraste spontané, l’hypothèse du thrombus ne doivent pas trop vite être écartée, même si l’aspect échographique est très inhabituel.
Pour terminer, je rejoins Clément et Nicolas, c’est toujours plus facile avec l’anapath!

Voici dans l’ordre le thrombus, un myxome et une tumeur pulmonaire avec invasion de l’OG par la veine pulmonaire supérieure gauche.

Le thrombus :

Nouveau projet from fish Nip echocardiographie on Vimeo.

Le myxome :

MYXOME from fish Nip echocardiographie on Vimeo.

La tumeur maligne :

ADENOk og from fish Nip echocardiographie on Vimeo.

Et ben c’est pas facile…

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Sous l’aorte, l’AP

29 novembre 2010

A la fin des échographies trans-thoraciques, comme Maitre Yoda-Serfaty, j’aime bien jeter un petit coup d’œil sur la crosse de l’aorte en sus-sternal, pour le plaisir, pour ne rien regretter.
Sur cette coupe, on voit de haut en bas, la crosse de l’aorte au niveau de l’isthme et de l’artère sous clavière gauche, et en dessous, l’artère pulmonaire droite qui « plonge » en bas et à droite de l’écran.
Chez ce patient hospitalisé pour détresse respiratoire, l’échographie trans-thoracique au lit retrouve des caractéristiques de cœur pulmonaire (sub?) aigu avec:
Une Hypertension artérielle très sévère à 85 mmhg, calculée sur l’insuffisance tricuspide :

Des cavités droites modérément dilatées mais une fonction ventriculaire droite conservée (pour développer une insuffisance tricuspide aussi véloce, la fonction VD est nécessairement conservée). La veine cave inférieure est fine, le VD n’est pas hypertrophié, l’artère pulmonaire est peu dilatée.
En supra sternale, sous la crosse de l’aorte, on aperçoit un thrombus mobile dans l’artère pulmonaire doite :


Untitled from fish Nip echocardiographie on Vimeo.

Zoom sur le cadre précédent :

Untitled from fish Nip echocardiographie on Vimeo.

Il faut dire que, si l’on voit le petit bout du thrombus, c’est parce qu’il est ÉNORME!
En coupe native :

Et après reconstruction pour expliquer la coupe échographique suprasternale (merci OsiriX) :

Grace à OsiriX et à Aurélie (respectivement déesse et fée du DICOM), voici un petit film de l’angisocanner, mais en coupe sagittales, on entre par l’épaule droite (le générique est un peu long et n’est pas sans évoquer celui de « Star Wars »), le voyage se poursuit par l’énorme thrombus droit, puis la crosse aortique :


Untitled from fish Nip echocardiographie on Vimeo.

La visualisation de thrombus en échographie, dans le cadre des embolies pulmonaires massives, est généralement décrite sous forme de thrombus intra-cavitaires droit (OD, VD, ou thrombus en transit dans un Foramen Ovale perméable). Ces observations représentes, dans les séries de la littérature, entre 4% pour les embolies pulmonaire « tout venant » (registre ICOPER) et 18% si l’on s’intéresse plus particulièrement aux EP massives. Les cas cliniques rapportés de thrombi dans l’artère pulmonaire concernent en général la bifurcation (thrombus à cheval sur la bifurcation) et plus rarement les branches, généralement alors en ETO. Les observations sont éparses et, contrairement aux thrombus intra-cardiaques, il n’y pas de pronostic ou de prise ne charge spécifique pour ce genre de rencontre.

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