Pour ou Contre pulsion?

Le post précédent présentait le cas d’un choc cardiogénique sur infarctus antérieur. De retour de la salle de KT, l’IVA est perméable sans aspect de no reflow, mais avec un flux diastolique dont la vitesse est très variable un cycle sur deux :

Après avoir vérifié qu’il ne s’agissait pas d’artefacts, on décide de passer le ballon de contre-pulsion intra aortique de 2/1 en 1/1, et voici ce qu’on obtient :

flux IVA from fish Nip echocardiographie on Vimeo.

L’action du ballon de CPIA permet de doubler la vitesse diastolique dans l’IVA, et comme le diamètre du stent (et donc de l’artère) est fixe, c’est bien le débit coronaire qui double.

Après les derniers articles évaluant la CPIA dans le choc cardiogénique, et surtout IABP-SHOCKII, la CP a perdu beaucoup de défenseur. Le concept est pourtant génial, et il faut bien reconnaitre que le résultat est assez immédiat sur la perfusion coronaire. Cette lettre formule beaucoup mieux que je ne pourrais le faire la réticence de certains à abandonner trop vite la technique. Ce genre d’essais est très difficile à mettre en place, et c’est peut-être une des limites de l’EBM? A titre d’exemple, beaucoup d’essais de fermeture de FOP ont été négatifs pour des problèmes purement méthodologiques.

En esperant lire vos remarques,

A bientôt!

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2 Responses to Pour ou Contre pulsion?

  1. gdv says:

    J’avoue que c’est très joli comme démonstration hémodynamique de l’amélioration de la perfusion coronaire post-infarctus…
    Les résultats cliniques sont pourtant décevants… Peut-être que la reperfusion coronaire n’est pas tout dans le choc cardiogénique post-infarctus… Une fois les artères rouvertes, imposer un « hyperdébit » coronaire a peut-être des conséquences paradoxalement plus délétères (syndrome de reperfusion, stress oxydatif &Co) que de laisser le coeur se remettre ?
    Ou tout simplement que les complications iatrogènes sont plus néfastes que les bénéfices hémodynamiques ?
    Toujours est-il que je reste sur le principe du « primum non nocere » (autrement dit, « dans le doute abstiens-toi ») lorsque j’hésite à prescrire un traitement dont l’interêt est très discutable, voire potentiellement délétère… Même si je n’ai pas bien compris pourquoi ça ne marche pas…

    • Philippe says:

      Merci Guillaume,
      oui, mortalité élevée du choc et morbidité élevée du BPCIA peuvent suffire à en faire une fausse bonne idée. Probablement aussi que , comme tu le souligne, tout ne se résume pas au débit coronaire, mais dépend aussi de la rapidité de rétablissement d’une hémodynamique correcte?

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