Le Périgord vous propose…

Parfois, le sens nous échappe.
C’est cette expérience étrange qu’a vécu Benjamin, à la lecture de cette demande qui débutait pourtant si bien :

Benjamin, crois moi si tu veux, mais je crois avoir retrouvé le rédacteur de cette demande.
Il s’est installé dans un petit resto du sud de Paris :

Petit message de service :
La mailing liste du blog n’est plus fonctionnelle. Attaquée de façon incessante par les bots de tous poils, les mails étaient de toute façon systématiquement rejetés par les systèmes anti-spam. Bref, il n’y aura plus de mail pour les nouveaux posts. Vous pouvez suivre le fil twitter @echocardioblog pour vous tenir au courant des nouveaux articles.
Je suis désolé de ce désagrément, la vie des sites internets est beaucoup plus dure qu’il n’y parait!

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judge not

Ce que ne nous dit pas le rédacteur de cette demande, c’est que le patient est déjà en fibrillation auriculaire permanente. Alors quelle pourrait être la contre-indication (révélée par une échographie cardiaque) aux anticoagulants ?

En réfléchissant avec un de mes collègues sur le sens profond de cette demande, en la passant au jus de citron et à la lampe ultraviolet, un sens caché nous est apparu.
Il s’agit peut-être d’une FA valvulaire. Certes il faut anticoaguler la fibrillation auriculaire d’origine valvulaire mais le type d’anticoagulant dépend de la valvulopathie elle-même.

Selon les nouvelles recommandations de l’ESC 2017 sur la prise en charge des valvulopathies, les nouveaux anticoagulants se positionnent comme alternative aux anti vitamine K (classe 2a) dans la plupart des valvulopathies en fibrillation auriculaire en dehors de la sténose mitrale modérée et sévère et des prothèses mécaniques.

Cette demande aurait donc pu être rédigée sous la forme : « existe-t-il une sténose mitrale contre-indiquant l’utilisation des nouveaux anticoagulants ? »

Finalement, c’est assez pointue comme question!
Étant temporairement à cours de David Bowie, je vous propose ce premier single de Bob Marley datant des années 60, belle leçon de morale pour tout médecin hospitalier!

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Mechanical Man

J’ai fait comme on a dit.
J’ai monté la focale, j’ai diminué la taille du secteur pour augmenter la cadence image, et j’ai diminué l’index mécanique.
Et c’est là que la magie opère. On opacifie mieux l’apex, il existe bien un thrombus plan, avec une zone ou l’on voit un plan de clivage très suspect, car ça ne peut plus être de la paroi myocardique.

4cav perf2 from fish Nip echocardiographie on Vimeo.

2cav perf from fish Nip echocardiographie on Vimeo.

Mais plus fun, on peut analyser la perfusion myocardique.
Au début de l’acquisition, les bulles sont visibles dans la partie irriguée du myocarde, c’est à dire les zones saines ou viables. On ne voit pas de contraste dans le septum apical ni dans l’apex, contrairement au septum basal par exemple, qui va servir de « référence ».
Puis on applique un flash, c’est dire un index mécanique très élevé, pendant une seconde, qui va suffire à détruire les bulles intra-myocardique. Le myocarde est donc tout noir, il ne reste qu’à apprécier la vitesse de perfusion, paroi par paroi.
Dans la vidéo ci-dessous, l’apex n’est jamais rehaussé, il n’y a donc pas de capillaire coronaire, l’épaisseur visualisé à l’apex est donc bien liée à la présence d’un thrombus.

flash from fish Nip echocardiographie on Vimeo.

Comparez la zone noir en echographie de perfusion et le réhaussement tardif en IRM, la nécrose septale et apicale est transmurale, le thrombus est bien visible :

Diminuer fortement l’index mécanique permet donc d’apprécier la perfusion myocardique, ce qui donne des renseignements supplémentaires à l’analyse de la cinétique. Sur cet examen de repos, on peut penser que l’IVA est perméable, mais que la nécrose est non viable du fait de l’absence de capillaires coronaires dans la paroi (qui est d’ailleurs très aminicie), et qu’il existe bien un thrombus.

Même si les conséquences thérapeutique sont discutables sur ce cas précis, l’analyse de la perfusion myocardique est assez simple, réalisable en USIC au lit du patient, et peut apporter des éléments précieux dans les infarctus à coronaires saines par exemple.

Je crois que je vais devenir un mechanical man.

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Thrombus or not thrombus?

Cardiopathie ischémique ancienne, séquelle d’infarctus antérieur, patient revascularisé avec un stent sur l’IVA.
Il y a discordance entre certains examens qui disent thrombus apical, d’autres non.
L’échogénicité, vous en vous doutez, est moyenne.
La sonde pédiatrique, de 8MHz, permet en general de mieux visualiser l’apex :

3cav s8 from fish Nip echocardiographie on Vimeo.

Pas trop de certitude jusque là me concernant, d’où l’utilisation de produit de contraste échographique :

L’IVA distale parait perméable dans le sens anterograde :

3cav contraste from fish Nip echocardiographie on Vimeo.

2cav contraste from fish Nip echocardiographie on Vimeo.

Mais l’utilisation du produit de contraste dans ces anévrismes apicaux n’est pas si simple. En effet, il est parfois difficile d’opacifier complétement l’apex, justement parce que la circulation y est très lente! Les bulles étant détruites plus rapidement à l’apex, on obtient ce petit tourbillon noir qui gêne la visualisation de l’apex. Cette difficulté d’opacification et d’homogénéisation du produit de contraste existe aussi en scanner, fréquent dans les auricules trop larges, mais aussi dans les anévrismes, pouvant faire conclure (parfois à tort) à des thromboses.

Deux questions :
1- thrombus ou pas?
2- comment regler la machine pour être plus « sûr » (avant le scanner et l’IRM…)

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Dobu trex, sed trex

Pour une rentrée en douceur, c’est raté.
Grâce à Jean-louis, cependant, il nous reste l’explosion (de rire) de cet obus litigieux :

Merci Jean Louis, et bon courage pour la reprise!

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Cahier de vacances (2)

Merci à tous pour vos réponses sur ce quizz estival, qui posait la question de l’insoutenable légèreté de la valve mitrale, qui a décidé de travailler dans des horaires bien différentes de celles de la valve tricuspide.

Pour poursuivre une logique qui m’est accessible, je vous propose de poser la question à l’envers, pourquoi la mitrale normale s’ouvre normalement?

La mitrale s’ouvre car la pression du ventricule gauche devient plus faible que celle de l’OG et la relaxation ventriculaire gauche est synchrone et efficace (avec un temps de relaxation isovolumique court). (Plus d’information dans le cours du Dr Abassade, ici).

La systole atriale, déclenchée par l’onde p, se prolonge jusqu’au début du QRS, et se termine DANS le QRS :

Dans notre cas, le début de l’onde E est très tardif, ce qui peut s’expliquer par une élévation des pressions de la pression diastolique VG, par un asynchronisme intra-ventriculaire gauche, ou plus simplement parce que, mécaniquement, la mitrale est maintenue fermée par le jet d’insuffisance aortique sévère :
(notez comment le jet de régurgitation s’écrase sur la grande valve mitrale)

5cav 1.avi from fish Nip echocardiographie on Vimeo.

Or la systole atriale est ici très en avance, car il existe un BAV1 qui va « attirer » l’onde A vers la gauche, et la télescoper avec l’onde E. Ceci est identifiable sur le tracé doppler car l’onde E se termine AVANT le QRS.

Le temps de remplissage est donc retardé par l’élévation des pressions gauches et la fuite aortique sévère, (le rôle de la désynchronisation me parait modeste, les QRS restent d’ailleurs assez fins), mais la systole atriale est avancée par le BAV1.

Le temps d’ouverture mitrale est donc très court, et les deux ondes fusionnées, comme sur cette boucle acquise en ETO 3d :

3DQ from fish Nip echocardiographie on Vimeo.

A droite, tout se passe comme si de rien n’était. Cette situation est un exemple dans lequel le flux mitral n’a plus grand chose à voir avec les pressions de remplissage gauches, car d’autres déterminants entrent en ligne de compte.

En rythmologie, il y a les rois du pétrole, avec la stimulation, l’ablation, la cartographie…
En échographie, on a pas de pétrole, mais on à des idées…

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Cahier de vacances

En plein cœur de l’été, un gros cœur:

4cav from fish Nip echocardiographie on Vimeo.

Sauras-tu, à l’aide de ces éléments Doppler, expliquer pourquoi le flux mitral et le flux tricuspide sont si différents?

Flux mitral :


Flux tricuspide :

ITV sous aortique :

Astuce : tu peux, pour t’aider, découper l’ITV sous aortique selon les pointillés, la photocopier et les relier entre elle pour faire une jolie guirlande dans ta chambre.

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Caramels, bonbons et chocolats

Ils reviennent, et ils ne sont pas content du tout.

Rappelez vous PROMISE, article important mais incompréhensible paru dans le NEJM et comparant une stratégie « anatomique » (le coroscanner) versus une stratégie fonctionnelle (ECG d’effort, scintigraphie et écho de stress) de dépistage de la coronaropathie pour les patients se plaignant de douleurs thoraciques « stables ». A l’époque, pas de différence entre les deux stratégies, les radiologues se félicitaient de se faire une place au delà de l’éternelle valeur prédictive négative de leur test, et les cardiologues se réjouissaient de tenir bon face à ce nouveau voisin de console et ses images hallucinantes en 3D couleur.

Deux ans après, il reviennent avec cette analyse pré spécifiée du même essai PROMISE, sur la même population, mais sur un suivi un peu plus long, en moyenne de 26 mois.

Les 9000 patients ont été tirés au sort entre coroscanner et dépistage fonctionnel (en fait 67% de scintigraphies et seulement 10% de tests d’effort).

La première information est le nombre d’examen normaux : 78% pour l’imagerie fonctionnelle, versus seulement 33% pour le scanner coronaire. Il est important de noter ici qu’on ne sait absolument pas ce que le clinicien à fait de l’information « coroscanner anormal », en terme de revascularisation ou de traitement médical.

Toute l’astuce du papier consiste ensuite à séparer les tests en faiblement, modérément ou sévèrement anormaux. Le scanner coronaire garde un pouvoir discriminent entre le scanner normal, le faiblement anormal, et le modérément anormal, avec un taux d’événement (MACE) qui passe de 0.9 à 3%, puis 7%.

Le test d’imagerie, lui, à un taux d’événement de 0.9% quand il est normal, qui passe à 2.4 puis 5.9%, ce qui est plus faible.

Que le test soit anatomique ou fonctionnel, le taux d’événement est à 10% quand il est sévèrement anormal.

Et les auteurs de conclurent que le coroscanner est donc plus discriminent, car il détecte des coronariens avec des douleurs thoraciques (critère d’inclusion dans l’étude) et des sténoses à moins de 70%, chez qui le taux d’événement n’est plus si faible que ça.

Mais que faire de tout ces nouveaux coronariens qui s’ignorent, dépister par un coroscanner hypersensible? Faut-il prescrire satine/aspirine à tous ces patients? Pour passer de 2.4 à 3%?

Avec cette publication, PROMISE ne me déçoit pas, c’est décidément une très belle étude, dont les répercussions sur mon activité quotidienne me laissent toujours aussi perplexe, même avec 26 mois de suivi.

A dans deux ans?

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Strike!

Dans ce post, je vous proposais le cas d’une complication après pose de pacemaker.
Est-ce la canicule? les vacances qui approchent? Ou juste un blog un peu vieillissant qui perd de son intérêt?
Quoiqu’il en soit je n’ai pas reçu de proposition diagnostique.
Pourtant c’est un signe assez amusant appelé le « air gap sign » qui traduit la présence d’un pneumopéricarde.

20161217_101817_0014 from fish Nip echocardiographie on Vimeo.

Il s’agit d’un artefact avec cône d’ombre postérieur qui varie en fonction du cycle respiratoire, avec une visualisation parfois normale des structures cardiaques.

Après le scanner reste plus démonstratif…

Le pneumopericarde, le plus souvent iatrogène (PM, massage cardiaque externe…) est ici en rapport avec un déplacement de la sonde atriale chez un patient agité, qui va perforer non pas une (spare) mais deux enveloppes (strike!), et créer un pneumothorax et un pneumopericarde.

La sonde atriale n’étant plus dans l’oreillette, même avec un aimant transi, ne stimule plus que du vent, de l’air, bref, pas grand chose…

Un peu comme le blog, qui siffle dans le vent!

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Spare?!

Après la pose d’un Pacemaker, l’IDE appelle pour désaturation et douleur thoracique.
Voici deux bandes d’ECG recueillies au scope (avec aimant, parce-qu’en cardio, quand on aime, on ne compte pas), et une échographie par voie sous costale à la recherche d’un épanchement.

Qu’en pensez vous?

20161217_101817_0013 from fish Nip echocardiographie on Vimeo.

Aretfact sous costal from fish Nip echocardiographie on Vimeo.

artefact sous costal from fish Nip echocardiographie on Vimeo.

20161217_101817_0002 from fish Nip echocardiographie on Vimeo.

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